THE DREAM SYNDICATE live à Paris le 4 février 2026
Ce 4 février on a rendez-vous pour voir et rêver devant Le Syndicat Onirique au Hasard Ludique (Hats off to Stéphane Mallarmé) un lieu de concert aménagé près de la Porte de St Ouen dans une ancienne gare de la petite ceinture.
Il faut bien sûr arriver en avance pour être certain d’être au premier rang. Car ce soir le Dream Syndicate va jouer son album Medecine Show qui date d’il y a 40 ans et qui à l’époque avait fait un four pour cause de production inappropriée. Le groupe a commencé cette tournée consacrée à cet album maudit pour le réhabiliter en interprétant les chansons comme elles auraient du sonner. Ce soir à Paris c’est la seule date française et au bar on nous annonce que seulement 230 places ont été vendues.. pas étonnant que Steve Wynn et ses hommes ne viennent pas plus souvent chez nous alors qu’ils jouent à guichets fermés (Sold Out !) dans d’autres pays européens.
En attendant l'ouverture des portes je regarde ce qui est proposé sur le stand de merchandising, quand je vois passer les musiciens qui se dirigent vers l'aile resto et je leur file le pas pour saluer Steve Wynn. Devant la table qui leur est réservée, il me dit que l'on se verra après le concert car son dîner l'attend.
Dès que possible nous pénétrons dans la salle qui est en longueur et semble pouvoir contenir bien plus que 200 pélerins. La playlist de la sono si elle révèle le goût des musiciens nous va plutôt bien de 1969 des Stooges à Bang Bang de Nancy Sinatra en passant par le Gloria version Shadows of Knight. La salle se remplit et j’essaye de trouver dans cette foule des gens âgés de moins de 50 ans, pas des masses. Ah si un jeune couple, la petite quarantaine, se place derrière nous et semble enthousiaste. Le Dream Syndicate n’a donc pas tout à fait sombré dans l’underground des vieux birbes comme moi.
A 20h30, le groupe monte sur scène. Steve Wynn porte une veste pourpre à motifs pashley noirs, naturel pour un représentant du rock Paisley des 80's à Los Angeles. Il joue sur une magnifique Epiphone demi-caisse. Le bassiste Mark Walton et le batteur Dennis Duck ont fait partie avec Steve du groupe dans les années 80. L’homme des claviers, l’incroyable Chris Cacavas était lui dans Green on Red à la même époque. Reste le guitariste Jason Victor qui a vingt ans de moins que les autres mais qui est un magicien sur sa Fender Jaguar.
Jason Victor et Steve Wynn
Il n'y a pas de première partie, le groupe va jouer deux sets avec un entracte de 20 minutes au milieu. Comme l'annonce Steve le premier set concernera le XXIe siècle avec des morceaux des derniers albums et le second set le XXe siécle avec la reprise intégrale de l'album Medecine Show.
Le show commence avec Where I’ll stand du dernier album (2022) Ultra Violet Battle Hymns and True Confessions, une longue montée psyché à l’image du titre de l’album, qui est le nouveau paradigme du groupe depuis la reformation de 2012. Tout au long du concert on entendra un véritable groove de guitares électriques mené par le tandem Jason – Steve. Tous les morceaux, à deux exceptions près, joués durant ce premier set sont issus de l’album magnifique How I did find myself here (2017).
(…)I drilled a hole in my wall to see you from the other side
I keep you close but set you loose
As I see fit to choose
Go where you want to go, do what you need to do
Strip yourself naked against the sky
I might be there to catch you when you fall
I just glide
I may never get higher
I don't have to come down
Fin du premier set, vingt minutes d’entracte avant le deuxième acte. Mes voisins et moi échangeons nos premières impressions et une dame, italienne d’après son accent, vient se glisser entre nous pour s’asseoir sur la scène afin de reposer ses jambes. Elle nous raconte qu’elle était aux Bains Douches en 84 et qu’elle a vu le groupe d’innombrables fois en Italie évidemment, en France c’est beaucoup plus rare.
Le 2e set commence à 21h30, l’écran derrière les musiciens reproduit la peinture qui figure sur la couverture de l’album. Pas de doute on est dans Medecine show, l’album va être décliné dans son intégralité, le son semble éclairci et le groupe s’amuse de plus en plus. Le public est émerveillé, cela faisait tellement longtemps que l’on voulait entendre ces chansons telles que le groupe les voulait et non pas comme sur le disque suivant le dictat du producteur de l’époque, Sandy Pearlman en l’occurence. Tout est bon ce soir, et cela atteint des sommets à mesure que les morceaux défilent. Je retiens Burn,
et Medecine Show , en préambule Steve explique pourquoi ils reprennent l'album et qu'il porte la même veste qu'aux Bains Douches en 84, ainsi que la même guitare.
et bien sûr John Coltrane Stereo Blues qui est le final grandiose de l'album. Le groupe quitte la scène sous un vacarme d'applaudissements et reviendra pour trois rappels.
On passera aux morceaux de l'iconique premier album. Days of Wine and Roses avec en toute fin le titre emblématique introduit par une autre ritournelle de Chris Cacavas sur ses claviers comme pour nous mener en bateau,
on ne reconnaît pas le morceau avant les premiers accords de guitare et pourtant c'est Tell me when it's over . Dans d'autres villes, comme Athènes, les veinards eurent droit en prime à Boston. Le show s'achève donc après 2h30 qui ont filé sans temps morts.
Le stand de merchandising est rapidement envahi par des spectateurs qui achètent cds et vinyles. Les musiciens sont partis se rafraîchir. Ils sont accueillis à leur retour par une queue qui fait déjà tout le tour de l'entrée de l'établissement, tout le monde veut une dédicace. Je regarde la file se déplacer en conversant autour d'une bière avec des connaissances retrouvées après le concert. On évoque les concerts précédents, immaculés comme celui-ci, 2015, Steve en solo pour une partie de ping-pong musical au Centre Culturel Helvétique, et 2017 FGO-Barbara près de Barbès.
Finalement je peux aller papoter cinq minutes avec Steve qui est content de me retrouver, il accepte une nouvelle interview et m'explique que la suite de son bouquin biographique ( I wouldn't say it if it wasn't true: A memoir of Life, Music and the Dream Syndicate) est prête, la publication est pour bientôt. Je le quitte sous la pression de fans souhaitant faire signer leurs disques non sans lui avoir annoncé qu'à Hambourg le dimanche suivant un de mes amis, grand fan de son oeuvre, viendrait justement lui faire dédicacer une ribambelle de pochettes. Et je vais retrouver Jason Victor l'excellent guitariste qui a beaucoup d'humour et reste humble malgré les louanges que nous lui tressons avec la blague récurrente - Si les Anglais avaient surnommé Eric Clapton God, toi tu pourrais t'appeler The Devil -
On ressortira de ce Hasard Ludique improbable le sourire aux lèvres et la tête pleine de musiques pour au moins quinze jours.
Jacques_B





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