Interview : WHERE'S JIMMY (Australie)
Ce fut comme une évidence après avoir vu leur clip video et entendu leurs morceaux !Where’s Jimmy jouait au Point Ephémére à Paris en amont du festival de Binic, il fallait y être, c’était certain …
la prestation fut incroyable, les morceaux s’enchaînant sans coup férir avec un chanteur bondissant et arpentant la scène comme pour en découdre affublé d’un short et d’un t-shirt totalement détrempé par son énergie, pieds nus comme pour un combat de boxe thaï !
Les 3 autres musiciens assez stoïques délivrant un son imposant et assénant un pub rock 77 rafraîchissant et carrément entraînant.
ils jouaient en co-plateau avec un autre groupe australien : Chimers, duo mixte dans un registre plutôt noise rock avec quelques touches de grunge du meilleur calibre.
D’ailleurs une K7 est disponible via Idiotape Records, l’ami Martin vivant déjà depuis quelques mois en Australie.
Brève présentation
Nous avons commencé comme un groupe de trois potes au lycée, à Orange, enNouvelle-Galles du Sud, vers 2010 : batterie, guitare et basse, sans chanteur. En 2019, nous avons eu un chanteur et nous avons commencé à prendre les concerts en public un peu plus au sérieux.
Pour tout te dire, le chanteur, Hugh, est le voisin du guitariste, Jed. Le batteur, Nick, a rencontré le bassiste, Jim, à la maternelle. Donc nous sommes un groupe assez soudé.
Après le Covid, nous avons quitté Orange, qui est une ville régionale du centre-ouest de la Nouvelle-Galles du Sud, pour nous installer à Newcastle, sur la côte est.
Donc changement d’atmosphère ?
Carrément, Newcastle a une super scène musicale live et nous sommes très reconnaissants pour les opportunités qui nous ont été offertes, ainsi que pour l'incroyable communauté et les gens que nous avons rencontrés dans cette ville de l'acier. C'est un centre créatif sous-estimé.
Et le fait de venir de la campagne nous a appris à apprécier les petites choses, comme le fait d'avoir des concerts trois ou quatre soirs par semaine, ou simplement de pouvoir jouer avec d'autres groupes.
Être passés d'Orange à Newcastle nous a également appris à comprendre que les choses ne se font pas facilement et que le travail finit par payer.
Qui écrit les paroles ?
Jed est le principal parolier. Il vient d'une ferme et a fait un apprentissage dans un métier manuel, donc la plupart des chansons parlent du fait de ne pas vouloir travailler. Mais la vie à la ferme peut aussi être isolante, alors certaines chansons abordent les réalités difficiles de cette existence.
Puis vient votre 1er voyage en tant que groupe en dehors de l’Australie ?
Et nous sommes extrêmement reconnaissants et avons beaucoup de chance d'avoir eu l'occasion de partir à l'étranger pour jouer notre style de rock'n'roll.
Nous avons joué un concert au Tote, à Melbourne, l'année dernière, et pour nous, c'était notre Woodstock... C'était un endroit où nous voulions jouer depuis dix ans !
Heureusement, Ludovic (Beast records) était dans le bar et il a suffisamment aimé le concert pour nous dire : « Préparez vos passeports, vous venez avec moi. »
Nous ne pensions pas qu'il était sérieux, jusqu'à ce que nous voyions l'affiche quelques mois avant le festival de Binic.
Nous n'arrivons toujours pas à croire que c'est arrivé. Pour quatre potes venant d'Orange, c'est assez surréaliste.
Nous avons énormément de chance et nous sommes très reconnaissants de cette opportunité.
Et la collaboration ne s’est pas arrêtée bien sûr ?
Effectivement, Ludo et Seb, de Beast Records, ont pressé un vinyle pour nous. C'était une combinaison de deux EP.
Les deux EP abordent des thèmes comme le fait de ne pas vouloir travailler, de ne pas vouloir être là, de ne pas vouloir qu'on vous dise ce que vous devez faire.
C'est assez drôle de parler de punk rock, parce que ce terme est « étranger » à l'endroit d'où nous venons. On vas dire que l’on fait du rock'n'roll avec une attitude punk.
Vous avez aussi eu l’opportunité d’enregistrer ?
Nous avons eu la chance de jouer en première partie de Frenzal Rhomb il y a quelques années et de rencontrer Jay, qui nous a proposé de nous enregistrer.
Notre objectif était simplement d'essayer de capturer l'énergie live que nous dégageons en tant que groupe dans un pub, mais dans les conditions d'un studio.
Parlons aussi de la pochette assez intriguante ?
Et la France ?
Notre tournée française était incroyable. Nous n'arrivons toujours pas à croire que c'est arrivé.
Nous ne le savions pas à l'époque, mais le premier concert à Paris nous a donné une bonne idée de ce qui nous attendait.
Nous pensions qu'il y aurait peut-être dix personnes ? Peut-être ?
Mais voir quelques centaines de personnes, c'était vraiment cool.
Puis le festival (àBinic) nous a complètement bluffés. Une communauté géniale avec des gens géniaux.
Le meilleur moment du voyage a été de rencontrer de nouvelles personnes qui partageaient notre état d'esprit.
Revenons en Australie et parlons de cette vitalité qui caractérise le continent ?
Je suis peut-être partial, mais les groupes australiens sont généralement plutôt bons… Coffin, Split System, The Blamers, The Chimers, ou même Cosmic Psychos.
Peu importe la décennie ou la région, vous trouverez forcément un groupe que vous allez adorer. Et Newcastle est une ville qui a une longueur d'avance.
Allez à Hamilton Station n'importe quelle semaine, vous verrez un groupe qui vous fera penser : « Putain, ils sont bons ! »
Quelques groupes à nous recommander ?
Poltergeist 9000, Catpiss, Sailor and the Flavour, Dead Mall, Fungas … La liste est interminable.
Le mot de la fin ?
Nous avons beaucoup de chance et sommes très reconnaissants de pouvoir faire de la musique dans le monde d'aujourd'hui. Nous apprécions sincèrement tous ceux qui nous ont soutenus, d'une manière ou d'une autre.
Fil Chérencé


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