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ROCK LIBRARY - RUDY CHARIS - THE HELLACOPTERS DANS LES VEINES

 


Rudy Charis a écrit un livre très complet sur Hellacopters. Nous avons fait sa connaissance sur Facebook et l'envie nous a pris de lui poser quelques questions. Les Monstres Sacrés sont comme ça, curieux. 

Interview !

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

J'ai 42 ans, je suis lorrain, je vis à côté de Metz et je travaille à Luxembourg,

Qu'est-ce qui t'a amené vers le Rock au sens large? Ton premier contact avec le Rock ?

Le plus lointain souvenir dont je me souvienne, c'est le générique de la série sur la guerre du Vietnam « L'enfer du devoir », qui passait sur la chaîne locale RTL. J'avais moins de 10 ans et les premières notes de la musique d'introduction me mettait toujours dans un état un peu euphorique. Ce n'est que des années plus tard que je me suis rendu compte qu'il s'agissait de Paint it Black des Rolling Stones, qui est d'ailleurs toujours un de mes morceaux préférés...

Et quelques années plus tard, il y avait une radio dans mon collège et ils ont passé un morceau bien pêchu qui m'a tout de suite botté, encore une fois sans savoir ce que c'était... et quand j'ai su que c'était Whole Lotta Rosie d'AC/DC, j'ai commencé à dévorer leur discographie en profitant des caddies en métal du supermarché du coin pour piquer les cassettes du groupe!

A l'époque, quels groupes écoutais-tu ? Tes préférés?

A mon entrée au lycée au milieu des années 90, MTV ne passait quasiment que de la musique et permettait de découvrir Nirvana avec le clip de Smells Like Teen Spirit et toute la vague grunge entre autres. Aussi le réseau des médiathèques permettait déjà de découvrir des tas de groupes gratuitement, soit en empruntant des cd soit en lisant la presse musicale. Tout ça pour dire qu'à l'époque le rock était un peu partout et même à la télé, comme Nulle Part Ailleurs sur Canal+, donc les groupes qu'on pouvait écouter allait de The Offspring à Sepultura en passant Noir Desir, Skunk Anansie, Metallica ou Marilyn Manson.

Les albums que j'ai le plus écoutés alors étaient Load de Metallica (oui oui), Antechrist Superstar de Manson, Smash de The Offspring, et Ballbreaker d'ACDC, à fond dans le walkman je me sentais plus léger!

Six heures pour aller voir les Nomads, c'est rien :-) * Tu bouges loin pour les concerts ?

C'est bien la première fois que je dois commenter un post Facebook ! Bah en fait c'était une blague sur le fait que les nomades sont par définition toujours sur la route !

Le Luxembourg, la Belgique et l'Allemagne étant à moins de 100km, cela permet de bien se gaver en termes de concerts, dans de meilleures salles que les Zénith français par exemple.

Mais oui il m'arrive de faire des bornes pour des festivals ou des groupes particuliers, notamment Pearl Jam que je suis allé voir à Stockholm, Milan, Cracovie, Berlin etc, ce qui permet de se faire des petits week-ends dans des villes superbes. Le dernier gros déplacement en date étant le festival de Florence pour voir TOOL et Eddie Vedder.

Une fois j'ai aussi calé mes vacances pour pouvoir repasser par Madrid et choper Imperial State Electric (le groupe de Nicke Andersson après The Hellacopters) en concert.

Ton premier « kiff » sur Hellacopters, c'était quel titre ?

C'était avec l'album Payin' the Dues mais je ne me souviens pas d'une chanson en particulier, certainement Soulseller, ou You are Nothing.

Comment as-tu connu ce groupe ?

On en revient aux médiathèques. J'ai découvert The Hellacopters avec la pochette de Payin' the Dues qui m'avait tapé dans l’œil dans la médiathèque de la petite ville de province ou j'étais au lycée.

Tu l'as vu combien de fois en concert ?

Pas tellement au final car mon premier concert était à Gant en Belgique pour leur tournée d'adieu en 2008. J'ai donc dû attendre leur reformation en 2016. La biographie venait de sortir et je suis allé à ce qui ne devait être, à l'époque, que l'unique concert de reformation du groupe, au Sweden Rock Festival.

On te voit sur Facebook avec les membres du groupe, combien de fois les as-tu rencontrés ?

J'ai rencontré Nicke (chant, guitare) 5 ou 6 fois, Robert (batterie) 2 ou 3 fois, Boba (clavier) Dregen (guitare) et Kenny (basse) 1 fois, et j'ai seulement eu Strings (guitare) au téléphone.

C'était pour ton livre ou bien est-ce que les premières rencontres ont eu lieu avant que tu penses à écrire un livre ?

Ces photos sont celles prises lors des interviews que je suis allé faire chez eux à Stockholm pour le livre, et c'était la première fois que je les rencontrais. Robert m'avait invité à choisir des photos dans ses albums chez lui, quand je suis arrivé dans son appart Boba nous a rejoint sans que je le sache. Quand il est arrivé, il me dit qu'il a parlé de moi à Nicke et que celui-ci m'invite à le rencontrer chez lui, dans son studio sous sa maison ! Et entre temps j'avais convenu d'un rendez-vous avec Kenny, avec qui j'ai passé une nuit complètement dingue mais je garde les détails pour moi...

A quel moment as-tu envisagé l'écriture du livre Du kerosene dans les veines?

Ça c'est fait en plusieurs étapes : d'abord je tombe sur une interview d'un des fondateur de la maison d'édition Camion Blanc dans laquelle il dit en gros qu'ils ont déjà publié des livres de mecs qui n'étaient ni journalistes ni écrivains, et moi qui ai toujours eu ça dans un coin de ma tête, ça a été un déclic et je les ai contactés avec l'idée d'un livre sur la scène rock scandinave, mais je me suis vite rendu compte que c'était colossal pour un premier livre, je me suis donc recentré sur mon groupe préféré de cette mouvance, sachant que c'est aussi le groupe central à tous les autres, des Nomads aux Hives en passant par Gluecifer, Turbonegro ou Backyard Babies.

Combien de temps cela t'a-t-il demandé pour finaliser le projet, avant même de commencer à écrire ? (contact avec les éditeurs etc).

Très rapide, une fois le contact pris, Dom de chez Camion Blanc m'a demandé de lui envoyer quelques pages pour juger de ma capacité à pouvoir lancer le projet, une fois son aval donné c'était partit.

C'est donc cette opportunité qui m'a donné envie de me tester et de me lancer, car ayant fait des études dans le domaine de l'édition, je n'avais même pas pensé sérieusement me mettre à écrire et espérer être édité avant ce 'déclic'.

L'écriture en elle-même, c'était combien de temps ?

Entre les recherches sur internet, dans les archives des magazines (merci encore aux médiathèques...), toutes les interviews faites avec tous les intervenants et l'écriture en elle-même, qui s'entrecoupaient, ça a pris plus ou moins deux ans.

Maintenant, peux-tu nous parler du livre ? De quoi s'agit-il ? L'histoire complète ? La genèse ? Autre ?

C'est la biographie du groupe, de la découverte de la musique pour ses membres à l'enfance jusqu'à 2016, en passant par leur séparation en 2008 et leurs projets parallèles. Je voulais y incorporer les témoignages de musiciens et autres qui ont participé de cette histoire, ce qui reflète plus largement des groupes scandinaves et c'est ce qui plaît aussi apparemment dans le livre. Surtout j'ai été souvent déçu par des biographies de groupes dans lesquelles on n'apprend rien, je voulais que le lecteur en ait pour son argent avec des infos inédites et qu'il prenne plaisir à lire cette histoire d'un groupe pour qui la musique passe avant tout.

Pourquoi Camion Blanc ?

Parce que ce sont les seuls à parler de ce genre de groupes relativement peu connus en France, je ne pense pas qu'il y ait un autre éditeur français prêt à sortir un livre comme ça...

C'est ton premier livre ?

Oui

Tu collectionnes tout sur Hellacopters ou est-ce que tu sélectionnes ? (Disques officiels, bootlegs, memorabilias, autre ?).

A moins d'avoir commencé à la naissance du groupe en 1994, il est trop tard pour tout collectionner, et honnêtement je n'ai jamais trop compris pourquoi certains veulent avoir chaque vinyles dans toutes les éditions/couleurs qui existent... J'ai tous les albums en LP ce qui représente déjà pas mal d'argent pour celui qui voudrait les acheter maintenant... et quelques 7''. J'attache plus d'importance aux posters qui tapissent mon bureau ou j'ai aussi ma batterie dans un coin. Mais c'est vrai que The Hellacopters est le genre de groupe qui provoque ce type de comportement, à vouloir posséder l'objet, le t-shirt etc, ce qui est relativement plutôt vrai dans le rock par rapport aux autres courant musicaux. Sinon en pièces uniques j'ai une peau de caisse claire dédicacée par Nicke Andersson et une baguette signée de Robert que j'ai chopée dans le public au Sjock festival.

Ecrire ce livre t'a-t-il rapporté de l'argent ou pas du tout?

Si je compte l'impression des flyers et les km etc pour avoir un stand dans des festivals, j'ai même plutôt perdu de l'argent...

Le dessin de Dirty Donny sur la couverture est top. C'est ton idée de faire intervenir un dessinateur ou bien un choix du groupe ou de Camion Blanc? 

Oui c'est mon idée et j'ai demandé à Donny directement.

Le groupe n'est intervenu à aucun moment dans l'élaboration du livre. Et j'ai insisté auprès de Camion Blanc pour la couverture finale qui sort un peu de leur couv habituelles.

Tu es branché dessins, BD, etc? 

Oui très BD même si c'est relativement récent. Et je collectionne les sérigraphies.

Nous avons une rubrique intitulée « Fan Club », penses-tu correspondre au profil des gens qui nous ont répondu ?

Oui dans le sens ou The Hellacopters n'est pas non plus mon groupe préféré, mais il fait partie de ceux que j'écoute le plus, avec Tool, Pearl Jam, Brant Bjork, Foo Fighters, Biffy Clyro, Nine Inch Nails, Foals, Incubus... Et quand l'opportunité s'est présentée je voulais écrire un livre un peu de l'intérieur, en rencontrant le groupe et les gens qui ont tourné autour pendant leur carrière, ce qui n'aurait pas été possible pour la plupart des groupes cités ci-dessus.

Un autre projet en prévision ?

J'ai d'autres truc en stand by, mais rien n'est sûr quant à leur mise en boîte, car je viens d'avoir mon premier enfant en plus de mon boulot (il n'y pas les 35 heures au Luxembourg !), ce n'est donc pas gagné pour que je puisse m'y atteler tout de suite...


Rudy, merci d'avoir répondu à nos questions.

* Une plaisanterie sur Facebook à propos de la chronique du concert de Rennes.

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