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HOLLY GOLIGHTLY EURO TOUR : MONTREUIL ET HAMBOURG

 


Le Théâtre Municipal Berthelot de Montreuil affichait complet le 17 novembre pour le début de la tournée européenne de Holly Golightly. Jusqu’au 6 décembre, Holly et son gang allaient sillonner les routes de France et d’Allemagne en passant par Périgueux, Colmar puis Hambourg, Berlin, Cologne pour terminer à Utrecht en Hollande. Cela faisait vingt ans que le groupe n’avait pas joué en France et le premier soir à Montreuil fut une merveille. Dès l’entrée on retrouvait l’ambiance annonciatrice d’un vrai événement, un mélange intéressant de fans de la première heure qui avaient pas mal d’heures de vol et aussi de plus jeunes comme cette fillette arborant fièrement une casquette Sherlock Homes, headcoat en anglais, popularisée pendant les sixties par Dowliners Sect et clin d’œil pertinent aux Headcoats et Thee Headcoatees, les premiers groupes où Holly fit ses armes avec l’omniprésent Billy Childish. Pourtant ce soir ce n’était pas le Medway sound que nous allions entendre. 


La première partie était assurée par Lord Rochester, un trio écossais flamboyant, composé du guitariste Russell Wilkins qui connaît son Bo Didley par cœur et a même revêtu les attributs du maître, plaid jacket à carreaux et guitare rectangulaire, de la bassiste virevoltante Saskia Holling et du batteur à maracas Florian Cité en clone de Jerome Green

 


Russ Wilkins a des titres de noblesse rock parfaits quand on sait qu’il est le producteur du premier album des Prisoners (A taste of pink)

 et qu’il a fait partie des Milkshakes et surtout du Len Bright Combo avec Wreckless Eric et Bruce Brand, ce dernier étant le batteur du groupe de Holly Golightly, qui vint se joindre au trio pour un morceau


Mais ce soir ce n’était pas le Medway sound, Lord Rochester dégagea un set nerveux rempli de Didley beat, le public en redemandait après chaque titre. Les classiques du blues de Willie Dixon ou Mose Allison étaient revisités – lumineux Parchman Farm – à la sauce Didley. Evidemment le titre final fut l’imparable Hey Bo Didley.



Ensuite arriva Holly Golightly, c’est son vrai nom car ses parents (Mr et Mrs Golightly-Smith) fans d’Audrey Hepburn, voulurent rendre hommage à leur actrice préférée dont le personnage qu’elle incarne dans Breakfast at Tiffany’s porte ce nom.

 Le groupe qui l’accompagnait ce soir existe depuis sept-huit ans. Le guitariste Bradley Burgess est impressionnant mais on ne peut qu’avoir du respect pour un musicien qui joue sur une Fender Jaguar. Bruce Brand, déjà nommé, est à la batterie et fait manifestement partie de la Charlie Watts school of drummers, son jeu est aérien, léger et magnifique. Le contrebassiste Matt Radford est lui aussi un musicien accompli et la section rythmique qu’il constitue avec Bruce Brand est impeccable.

Holly chante de sa voix caractéristique un peu pointue, un peu nasillarde mais déterminée en s’accompagnant également à la guitare. Le concert survola les titres connus comme There is an end qui fit partie de la bande son du film Broken Flowers de Jim Jarmusch, des blues teintés de folk, cette manière qu’elle affectionne, Sally go round the roses en fut un bel exemple. Le concert fut excellent du début à la fin, les musiciens et Holly semblaient s’amuser et le public très réceptif boosta littéralement le groupe qui parfois prit sa liberté par rapport à sa chanteuse ce qui la faisait rire. 

Et le rappel fut un moment d’anthologie, pour cette reprise de Little Walter, Mellow down easy, Holly appela sur scène Russ Wilkins et Saskia Holling pour se joindre à la fête finale. Russ empoigna une guitare et Saskia des tambourins et le groove démarra pour rapidement reprendre des allures de Didley beat, les deux guitaristes se renvoyant le riff en rigolant, Holly chantant le blues comme un mantra déroulé à l’infini et cela dura  près de neuf minutes magiques. A côté de moi, quelqu’un me fit remarquer que c’est comme lorsque Quicksilver terminait ses shows au Fillmore, en étalant en strates successives des délires soniques et en jammant avec Big Brother. Ouais pas faux, cela pourrait bien être une nouvelle incarnation lay-down de Cipollina que j’ai vu ce soir là en la personne du guitarman Bradley Burgess. Heureusement un fan a filmé cet instant unique, qu’il en soit remercié et voici sa video sur YouTube .


Jacques_b

Le concert de Hambourg le 30 novembre, est restitué maintenant par L'Archiviste :

Chacun de nous a été confronté à un « quoi, tu ne connais pas ? » lors d’un échange musical. Certaines lacunes peuvent être étonnantes, qui ne connait pas les Rolling Stones par exemple ?

Pour d’autres, après s’être rattrapé, on se demande souvent pourquoi on en a fait l’effort…
On peut constater alors que cette ignorance était logique car cette musique n’est tout simplement pas dans nos goûts.

Je ne sais pas si le fait que je ne connaissais pas Holly Golitghtly relève de la première possibilité, ce qui est certains c’est que cela ne vient pas de la deuxième !

Mon premier contact avec ce groupe fut lors d’un échange avec Jacques Ball. Il venait de ou allait la voir à Paris et nous conseillait fortement de le faire aussi si cette artiste venait près de chez nous.

Je n’avais jamais entendu sa musique et ne savait pas qui elle était. J’ignorais même que c’était une femme et pensais à un groupe de types avec un nom assez particulier (dont j’ignorais de même l’origine). Les clichés de la musique rock ont laissés leurs traces en moi.

La deuxième fois que j’entendis le nom ce fut quand je fus invité à aller la voir six heures avant leur concert à Hambourg (je n’étais même pas au courant qu’elle jouait ce jour-là). Me rappelant du conseil de Jacques et ayant confiance dans les goûts musicaux de la personne m’ayant invité, je me décidais à y aller.

Bien m’en prit. J’ai découvert ce soir-là une excellente artiste. Le concert ne se basait pas sur un jeu de scène ni sur des poses cools ou des petites phrases entre les morceaux (comme tant de groupes ou d’artistes le pratiquent).

Je dois vous avouer qu’il me tarde de lire la partie de la chronique écrite par Jacques afin de savoir si les titres joués étaient les mêmes à Paris. J’étais placé du côté du contrebassiste et après chaque morceau, il précisait à la chanteuse celui qui devait être joué à la suite. Ce soir, leur guitariste fêtait son anniversaire, il chanta d’ailleurs un titre. Cela permit à Holly Golightly de s’éloigner des retours placés devant elle car elle ne s’entendit pas durant tout le concert. L’ingénieur du son avait branché les retours du contrebassiste devant elle, et n’arriva pas à le changer. Peut-être, est-ce aussi la cause qu’il n’y ait pas de rappels à la fin, mais ne l’empêcha pas de nous livrer un concert impeccable durant une heure et demi.

À Hambourg

Cette artiste semble être sans prétention sur scène, ses musiciens étaient formidables ! L'excellente partie rythmique était la base parfaite pour le jeu de guitare et la superbe voix de la chanteuse.

La salle était remplie, toutes les générations étaient représentées. Ce qui me fit sourire fut qu’il ne fut possible que d’acheter des T-shirts et des CDs à la sortie, il n’y avait pas de querelle inutile sur les formats de disques.

Du coup, afin de découvrir l’autre Holly Golightly, je me suis acheté un des jours suivants le DVD du Breakfast at Tiffany’s - en français le titre est Diamants sur canapé. Merci Holly, grâce à vous j’ai découvert également le meilleur film d’Audrey Hepburn. Il est placé non loin des deux de vos disques qui sont depuis le concert présents sur mes étagères. 




C’est un vrai plaisir de découvrir des artistes de cette trempe de cette façon. Je ne peux que répéter les mots de Jacques « Allez la voir ! ». Précisons juste que je conseillerai de-même à ceux qui ne le connaissent pas d’aller voir le film !

L'Archiviste

 

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