7’’ – part 19 – DWIGHT TWILLEY – Sincerely - (et la France)
J’avais acheté le premier album du
Dwight Twilley Band à l’Open Market, rue des Lombards, en 1976.
S’il n’y a qu’un seul disque de power pop à garder, pour moi, ce serait celui-là, « Sincerely » (en considérant que Big Star et « Shake Some Action », c’est au-delà de la power / petite pop).
Dwight Twilley Band, c’était Dwight Twilley, bien sûr, au chant, à la guitare et aux claviers, et Phil Seymour, au chant aussi, et à la basse et la batterie, avec souvent des invités à la guitare ou autre.
Sur le deuxième single (le premier, c’était « I’m On Fire »), « Sincerely / You Were So Warm », sorti en 1975 - versions différentes de celles de l’album, c’est « You Were So Warm » qui est en vedette, « Sincerely » n'étant même pas indiqué sur la cover du single sorti sur Shelter aux USA, Canada, Australie et aux Pays-Bas, avec recto et verso identiques pour toutes les versions. « Sincerely » se rattrapera donc en donnant son titre au premier l’album l’année suivante. Les deux morceaux ont été composés par Dwight Twilley.
« Sincerely »
Ce morceau est magique, avec une impression de mur du son ou d’écho, ou je ne sais quelle autre technique, qui le rend unique à mes oreilles.
And so you believe
That you know your heart
What you need
Is sincerely, sincerely
So you've been making me cry
Well, naturally
But what's that feeling?
Sincerely, sincerely
From the moment I saw where my love dies
What's the difference a starcold soldier feels
Sincerely
What you need
May I look like a kite
And mercifully
What you need
Is sincerely
That's what you need x 4
La chanson parle de la nécessité de
sincérité et d'honnêteté dans une vie de couple. Ayant été blessé par le passé,
il souhaite éviter de ressentir à nouveau cette douleur ; c'est pourquoi
il privilégie la sincérité.
« Sincerely » a été
repris par le groupe Donovan ‘s Brain en 2014, sur l’album australien
tribute au Dwight Twilley Band. C’est tout je pense.
Biographie
Dwight Twilley et Phil Seymour étaient de Tulsa, Oklahoma. Grands fans des Beatles tous les deux, ils s’étaient rencontrés à la projection du film « A Hard Days Night » en 1967. Comme beaucoup d’américains, Dwight était tombé amoureux des fab four après les avoir vus à l’Ed Sullivan Show en 1964. C’est là qu’il a compris que toute chanson devait avoir une harmonie (fans de telle ou telle musique, take note).
Après avoir visité le studio Sun de Sam Phillips en 1973 dans leur vieille Chevrolet – ils pensaient qu’il fallait aller dans une grande ville pour essayer d’avoir du succès, pas les moyens d’aller à NY, ils se rabattent sur Memphis - avec une cassette de démos sous le bras, ils rencontrent Ray Harris, qui les initie au rockabilly. C’est à LA, où ils se rendent l’année suivante, qu’ils seront signés par le label Shelter, qui les enverra en Angleterre enregistrer leur premier album.
Le troisième membre – par alternance - du groupe est le guitariste Bill Pitcock. Tom Petty a aussi accompagné le Dwight Twilley Band à la basse lors de passage télé, à charge de revanche : Phil Seymour a chanté sur « American Girl » et « Breakdown » de Tim Petto.
Phil Seymour a été le premier à quitter le building, en 1993, tandis que Dwight Twilley est décédé en 2023, sa voiture a quitté la route suite à un AVC.
Discographie
Avant « Sincerely », le Dwight Twilley Band avait enregistré des démos, vingt-cinq morceaux qui circulaient sous le nom de « The TEAC Tapes 1973-1974 ». TEAC étant un petit studio quatre pistes à Tulsa.
Le Dwight Twilley Band n’a sorti que deux albums, « Sincerely » en 1976 et « Twilley Don’t Mind » en 1977, avant que Dwight et Phil entament des carrières soli. Les deux albums sont sortis dans pas mal de pays, dont en Europe, mais pas en France.
Six singles présentant des morceaux des deux albums sont sortis, avec parfois une B side inédite, comme pour le premier « I’m On Fire » (1975), enregistré dans un vrai studio, celui de Leon Russell, qui restera le plus grand succès du groupe. Le premier album est sorti trop tard pour pouvoir capitaliser, voire, oserais-je dire thésauriser, sur le succès du premier single. Il y a aussi un EP anglais et un brésilien. Le label Pop The Balloon a rattrapé l’honneur de la France en éditant, en 2003, le single « You’re My Lover / Just What You Did Before », deux demos TEAC de 1973. Le label avait déjà sorti deux singles de Dwight Twilley solo en 1998 et 1999.
Le single « Out Of My Hands », sorti en 1979, y compris en France, sous le nom de Dwight Twilley Band, était en fait un single solo de Dwight T.
Il y a aussi « Blueprint », un album inédit de 1979, dont on retrouve trois des dix titres, et cinq des démos de 1973-74, sur « The Great Lost Twilley Album » sorti officiellement (Shelter) en 1993. Il y a aussi un live 1976 sorti en 2009, « Live From Agora ».
Les deux amis sont restés potes, mais le manque de succès les a incités à se séparer. J’ai continué à acheter la plupart des seize albums soli de de Dwight Twilley (et même son bouquin) et quelques-uns de Phil Seymour. Il y a quelques pépites mais aucun album aussi fort que les deux albums du Dwight Twilley Band. Le seul réel succès commercial de Dwight Twilley solo sera « Girls », extrait du LP « Jungle » sorti en 1984, avec Tom Petty aux backing vocals.
Les concerts
Le Dwight Twilley Band n’a tournée
qu’aux USA et au Canada. Peut-être ont-ils toutefois donné quelques concert en
Angleterre où ils ont enregistré leur premier album. Je n’en ai trouvé aucune
trace.
Il semble que ce soit également le cas pour Dwight Twilley et Phil Seymour en solo.
« You Were So Warm »
You were so warm
You melted me in your arms
We were so young
You made me come undone
Anyway, I told you
That more than that
I didn't want to go
‘Cause you were so warm
You were so warm
Oh, so warm
I was young
I didn't want to go
‘Cause you were so warm
You were so warm
Mmm, you were so warm
I couldn't find
The way to make you mine
You were so kind
Laid it on the line
Anyway, remember, as time goes by
That I didn't want to go
I didn't want to go
‘Cause you were so warm
You were so warm
You were so warm
Ah, you were so warm
Encore une histoire de couple.
Et là encore, une seule cover, par
Nada Surf, sur leur album « If I Had A Hi-Fi » (2010).
Patrick Bainée
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