7’’ – part 20– REATARDS – Get Real Stupid - (et la France)

 

J’avais acheté « Get Real Stupid », le premier EP des Reatards (versions promo et normale) – en fait Jay Reatard one man band, il avait 17 ans – sur un catalogue de correspondance de Goner Records, lui aussi basé à Memphis. La claque, surtout « You Ain’t No Fun No Mo », un morceau punk hardcore génial, même si je hais en général le punk hardcore, c’est sûrement pour ça ! Il s’agit en fait plutôt de blues punk énervé.  Les trois autres titres, « Chuck Taylors All-Star Blues », « Fashion Victim », qu’on retrouvera sur le premier album l’année suivante, et « You Got So Much Soul » (je pense un clin d’œil à « Jim Cole » des Oblivians), sont très bons aussi. Enfin, EP est un grand mot, les quatre titres étant expédiés en sept minutes chrono. 

Perspicace, j’arrivais à me procurer les deux cassettes sorties en amont du EP.  « Fuck Elvis, Here’s The Reatard’s – 50,000,000 Fans Can’t Be Wrong », une split k7 éditée par Goner, soit Eric Oblivian / Friedl, enregistrée par Jack O / Yarber, et avec Greg Reatard (O / Cartwright) on drums sur la partie Jackmonkeys, avec Zak Ives, l’autre boss de Goner au chant. Split k7 Reatards / Oblivians, donc. L’autre k7, éponymous, contient notamment le classique « Memphis Blues » de Jay R, qui sera repris plus tard par les Oblivians, ainsi que « Black September », un morceau de Johnny Vomit & The Dry Heaves, le groupe de Jack O, circle ! On pourra retrouver les vingt-deux morceaux (en fait vingt et un, « When I Get Mad » faisant doublon) de ces deux k7 sur la réédition double album ou CD du premier album « Teenage Hate » en 2011. Trente-neuf morceaux, plus fort que les Ramones (« It’s Alive »). 

« You Ain’t No Fun No Mo »




Yeah baby, say you gotta get down
C'mon baby, I say you gotta get down
Said you gotta go, said you gotta go now, uh-huh

Hey baby, said you gotta get down
C'mon baby, I say you gotta go now
Say you gotta go, say you gotta go now, uh-huh
I said you ain't no fun no mo'

Hey baby, say you gotta get down
C'mon baby, I say you gotta go now
Say you gotta go, say you gotta go now, uh-huh

Hey baby, say you gotta go now
C'mon baby, I say you gotta get down
Say you gotta go, say you gotta go now, uh-huh
I said you ain't no fun no mo' 

Casse-toi, bébé, tu ne m‘amuses plus. En gros. Le morceau reste génial. 

Reatards – discographie - biographie 

Le jeune Jay Reatard a décidé de faire de la musique, de sa vie la musique, après avoir acheté « Are You Experienced? » de Jimi Hendrix dans un vide grenier. Pas facile à reproduire... Après il a entendu des groupes punk (Ramones) et punk hardcore (Dinausor Jr.) et s’est dit « facile, ça je peux le faire ». Puis il assiste à un concert des Oblivians en 1995, « trois mecs bourrés qui ne jouaient pas très bien, sans bassiste ». 

Les Reatards avec au départ le jeune Jay, 15 ans, format one man band, se sont ainsi formés en 1995 et sont restés actifs jusqu’en 1999, Jay ayant d’innombrables projets à tester, dont Lost Sounds sera le plus durable. Après la séparation de ces derniers en 2005, Jay reformera les Reatards mk 2, 2005-2006, avec deux nouveaux complices. 

Les cinq albums des Reatards ne sont sortis qu’aux USA. Ils sont tous indispensables. J’avais reçu le # 1 / 100 du dernier album « Not Fucked Enought » (2005), sorti initialement format CD, avec une cover différente de celle du LP. Sur ces albums, Jay a un groupe, dont un autre de mes héros, le multi-intrumentiste Rich Crook (Lover!), ainsi que King Louie. On retrouvera Rich dans les Lost Sounds et King (ainsi qu’Eric O) dans Bad Times. 

Les cinq premiers singles ou EP des Reatards sont également parus uniquement aux USA. Pour les quatre – en fait cinq, le dernier, « Your Bugging Me To Death » (2006), ayant été offert par Jay sur le site « Terminal Boredom ».

Deux autres singles sont sortis au Canada, un en Suède (split single de la tournée 2005) et un en Italie sur le label « Sold Sex Lovie Doll Records », aux tirages multiples et très limités. Il s’agit d’un EP quatre titres avec une autre version de « You Ain’t No Fun No Mo ». 

Jay entame ensuite une carrière solo à partir de 2006. Son premier album, « Blood Visions », aurait dû sortir en France, mais il n’en existe qu’une version CD-r avec une erreur de frappe pour un des morceaux, même chose (CD-r) avec la compile « Matador Singles ‘08 », encore une exception française. J’ai passé des nuits blanches (décalage horaire) à guetter la vente de ces singles Matador sur le Net, vendus en quelques minutes, puis quelques secondes. J’en ai raté quelques-uns, pas beaucoup. Le deuxième album, « Watch Me Fall » (2008), est finalement sorti en Europe. Le dernier album, posthume, live en 2008, est uniquement sorti format LP aux USA. Il y a deux autres compiles, « Singles 06-07 » sorti sur « In The Red Records » et « Better Than Something », LP + DVD + bouquin de 50 pages, format LP en un peu plus grand, sorti en 2013. À part les singles sur Goner (les deux premiers, renvoi d’ascenseur de Jay au label), In The Red et Matador, deux singles sont sortis en Allemagne (P-Trash, RIP Peter) et Autriche (Squoodge). 

Il y a aussi quelques split singles (avec Sonic Youth, Thee Oh Sees et Beck), je précise ça pour mes amis du blog.

Et aussi, un tas d’autres projets avec Jay plus ou moins au chant, à la batterie ou à la production, autres que ceux déjà évoqués ci-dessus. 

Les Reatards en France (ou presque) 

Les Reatard sont passés la première fois au Gambetta, un bar / club du 20ème  arrondissement en compagnie des Persuaders. Seul concert français, c’était le 17 janvier 1999, il neigeait. Public très peu nombreux. La seconde fois, j’ai dû aller à la frontière franco-belge, Courtray, au Pit’s. C’était le 19 novembre 2005, en compagnie de Tokyo Electron et des Angry Angles, le groupe de Jay et d’Alix Brown, sa petite amie, ex Lids. Les trois concerts expédiés en moins d’une heure vingt, le tout tenant sur un seul CD. Concerts magiques et énergiques. 

Jay Reatard solo est repassé ensuite fréquemment en France, j’ai assisté aux concerts au Point Éphémère en juin 2007 et mars 2009, et à celui de la Maroquinerie en octobre 2009. Il a aussi joué aux Transmusicales de Rennes en 2008. 

Les trois autres morceaux du EP

« Chuck Taylors All-Star Blues » raconte l’histoire d’un musicien qui porte des Baskets Converse, qui est dans la dèche et ne se nourrit que de nouilles. Il a quand même une guitare et une voiture, dont il se sert peu. Morceau autobiographique ? 

« Fashion Victim », je ne sais pas s’il portait ses Converse, mais il y a un endroit où on s’est moqué de ses chaussures et de ses vêtements. Il n’y retournera jamais. 

« You Got So Much Soul », Jay avait tellement bon fond qu’on lui a piqué son âme. J’espère qu’elle a survécu à son corps. Pas trouvé sur Youtube.

Aucun des quatre morceaux du EP « Get Real Stupid » n’a été repris. Il existe par ailleurs assez peu de reprises des Reatards ou de Jay solo, à part sur les trois albums hommages, la meilleure à mon avis étant « No Count » (un morceau de Lost Sounds) par Space Ttress sur la compile « The Russian Tribute To Jay Reatard » (2015, MP3 only). Les deux autres albums tribute sont français.

Le morceau le plus repris semble être « My Shadow » (Jay solo). Il y a aussi un groupe appelé Thee Reetards qui reprend « I’m So Gone », extrait du premier album des Reatards.

 Il est surprenant qu’aucune biographie de Jay Reatard ne soit sortie. Il est décédé le 13 janvier 2010, peu avant d’avoir 30 ans. Son influence se fait de plus en plus sentir. 

Patrick Bainée


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