7’’ – part 35 – THE STAPLE SINGERS – Respect Yourself - (et la France)
Je commence à écrire cet article en écoutant le dernier album de Mavis Staples, qui se termine par, peut-être la meilleure version de, « Everybody Needs Love », un morceau magnifique composé et interprété en premier par Eddie Hinton.
Le morceau « Respect Yourself » a été composé par le géant Sir Mack Rice (avec Luther Ingram), à qui on doit aussi « Tina, The Go Go Queen », « Money Talks » et « Mustang Sally », pour ne citer que quelques-unes de mes chansons préférées. J’ai un peu communiqué avec le Sir, décédé en 2016, sa version demo - dépouillée de « Respect Yourself » est une tuerie.
Les Staple Singers, donc. Tout est bon, même les albums disco, époque Staples (sans Singers - il te reste quand même la voix de Mavis m’avait dit Loser). Tous comme ceux de Pops, le père, qui écrivit « Why?» (am I treated so bad – pourquoi suis autant maltraité) après qu’on ait refusé à son groupe l’accès aux toilettes dans une station-service – Pops avait eu la bonne idée d’émigrer du sud profond à Chicago – un morceau qui sera souvent la bande son de Martin Luther King lors des meetings.
Le single « Respect Yourself » n’est sorti en 1971 avec une cover, qu’en Allemagne, Japon, et France (yeah), quoi que finalement pas très belle la pochette française, j’ai donc choisi la pochette allemande, que j’ai ainsi que l’US sur Stax, qui bénéficie d’un son bien meilleur.
Respect Yourself
If you disrespect anybody
That you run into
How in the world do you think
Anybody's s'posed to respect you?
If you don't give a heck about the
man
With the Bible in his hand, yo
Just get out the way
And let the gentleman do his thing
You're the kind of gentleman
That want everything your way, yeah
Take the sheet off your face, boy
It's a brand-new day
Respect yourself x 4
If you don't respect yourself
Ain't nobody gonna give a good cahoot (na-na-na-na, oh-whoa)
Respect yourself x 4
If you're walking 'round thinking
that the world
Owes you something 'cause you're here
You goin' out the world backwards
Like you did when you first come here, yeah
Keep talkin' 'bout the president
Won't stop air pollution
Put your hand on your mouth
When you cough, that'll help the solution
Oh, you cuss around women
And you don't even know their name, no
Then you're dumb enough to think
That'll make you a big ol' man, yeah
Respect yourself, yeah
Respect yourself x 3
If you don't respect yourself
Ain't nobody gonna give a good cahoot (na-na-na-na, ah)
Respect yourself x 7
Honey, respect yourself
Respect yourself, yeah
Respect yourself
Respect yourself, yeah
Respect yourself
You oughta, you oughta
Respect yourself
Yeah, respect yourself
Respecte-toi, ça ne sert à rien de critiquer le président à tout bout de champ, ça n’arrêtera pas la pollution, mets plutôt la main sur ta bouche quand tu tousses, ça, ça peut aider. Si tu es assez bête pour penser que tes propos peuvent changer quelque chose… Facebook users, take note.
Ce morceau a bien sûr été repris de nombreuses fois, par B.B. King assez vite, puis par Etta James, Bruce Willis (l’acteur, oui, et c’est loin d’être la pire version), Robert Palmer, Joe Cocker, les Temptations très tardivement, etc.
Bio
Je vous passe la bio (Wiki…), Pops, ses filles et son fils, gospel. Pops qui, sur son lit de mort, remet à Mavis la bande de l’album sur lequel il était en train de travailler, Don’t Lose This, sorti en 2015, il en existe deux mix différents, tous deux indispensables.
Discographie
À part les albums de la période Stax (1968-74), les albums des Staple Singers n’ont pas souvent été réédités, certains n’ayant même pas eu droit à une version CD, comme le magnifique This Little Light (1965).
En précisant que tous les disques des Staples sont indispensables (même disco, « il te reste la voix de Mavis… »), je vais me limiter ici aux disques sortis en France (ou presque).
Deux EP’s des Staple Singers sont
sortis en France en 1959 sous le nom de Negro Spirituals Vol. 1 et
Vol.2 , ainsi que les LP’s compiles Uncloudy Day (1959) et Will The Circle Be Unbroken? (1960), regroupant une partie de
leurs singles sortis (format 10’’ puis 7’’) à partir de 1953.
Le premier album Swing Low, 1961, n’est sorti en version euro qu’en 2014, version remasterisée, ahah. Le second, Hammer And Nails (1962), a bénéficié d’une sortie française (pochette 100 % US, mais vinyle précisant « Made in France ») et même d’un EP 4 titres extraits de l’album, avec cover identique à celle du LP. Sortie française également pour l’album suivant, The Twenty-Fifth Day Of December (1962), un album de Noël gospel. La série s’arrête là pour les sorties françaises, avant de reprendre avec le 7’’ « For What It’s Worth »., extrait de l’album eponymous (1967), puis We’ll Get Over (1969). Il faudra attendre 1980 pour voir une édition française de l’album Respect Yourself, sorti en 1972, bien que le single phare, ainsi que deux autres extraits, « This World » et « I’ll Take You There », soient sortis en France, bizarre. En revanche, l’album suivant Be What You Are (1973) est sorti en France (sans la pochette gaufrée), ainsi que deux singles inédits « Oh La De Da » et « If You’re Ready (Come Go With Me) ». Pas de sortie française non plus pour la BO de Let’s Do it Again (1975), qui bénéficie toutefois d’une sortie frenchy du 7’’ eponymous. Il faudra attendre 1984 et l’album disco Turning Point, avec sa reprise de Talking Heads, dont les singles « Slippery People » (la reprise de TH – deux singles différents, dont un version « club ») et « H.A.T.E (Don’t Live Here Anymore) » seront également édités en France. Suit l’album The Staple Singers, disco encore, sorti en 1985. Et puis plein de compiles.
Mavis et son père Pops ont tous les deux entamé une carrière solo en 1969, mais ce sont d’autres histoires.
Live
Les Staples ont bien sûr surtout interprété leurs morceaux gospel du début, et les autres, aux USA, avec quelques escapades au Canada. Probablement forts du succès du morceau « Respect Yourself » et le l’album Bealtitude : Respect Yourself sorti sur Stax en 1972, et qui aura mis du temps à s’imposer ailleurs, ils auront l’occasion de jouer en Angleterre, pour un seul show à Londres en 1974. Il faudra attendre 1981 pour pouvoir les voir au festival de Montreux, en Suisse, puis 1990 pour quelques dates au Royaume-Uni (Staples ou Mavis solo), où ils reviendront en 1992, en passant aussi par la Belgique et les Pays-Bas, puis en 1997 en Suède. Les Staples ont aussi joué au Ghana en 1971, dans le cadre du festival Soul To Soul, on peut voir une partie de leur prestation sur le film du même nom.
En France, on aura quand même droit, bien plus tard, à des concerts de Mavis Stpales, une des dernières diva soul avec Candi Staton et Bettye Lavette. Mavis est venue jouer solo en 1995 en Angleterre et en Suisse, puis en 1998, dont un concert pour le festival jazz de Vienne (Vienne en France, donc). Angleterre only en 1999, Australie en 2004, Royaume-Uni et Italie en 2005, Suisse et Angleterre en 2007, pour promouvoir son magnifique album « We’ll Never Turn Back », puis tournée européenne (et en Australie) plus large en 2008, 2010, 2011, 2012 et 2013, avec enfin une première date en France, au New Morning le 28 octobre. Tournée européenne à nouveau en 2014. L’année 2015 sera réservée aux anglais. Australie et Europe encore en 2017, avec un show en France dans le cadre du Cahors Blues Festival. Tournée 2018 en Europe, encore. J’ai eu la chance de voir Mavis à la Cigale le 5 juillet 2019 - le lendemain elle jouait à Lyon – venue pour promotionner son album « We Get By » (l’album « Live In London » venait de sortir, aussi), composé pour Mavis par Ben Harper, qui est venu sur scène interpréter deux morceaux de l’album en duo avec elle (est ses choristes, magnifiques). Mavis a ensuite repris ses tournées US et australiennes, avant de revenir en Europe, post Covid, en 2022, toujours à la Cigale s’agissant de la France, puis à Boulogne-Billancourt et Vienne (pour la partie française) en 2023. Les derniers concerts européens remontent à 2024, au Casino de Paris s’agissant de la seule date française. Elle a joué pour la première fois au Japon en 2025, avec aussi quelques concerts en Europe. Une de mes résolutions 2026 : aller voir Mavis Staples quand (si) elle repassera en France.
You’re Gonna Make Me Cry
You're gonna make me cry x 2
Oh, don't make me cry
You're gonna break my heart x 2
Oh, please don't break my heart
Love can bring happiness
And love can bring sorrow
Love can be here today
And it'll be gone tomorrow
Oh, oh, oh, don't break my heart
Please, don't break my heart
You're gonna make me cry x 2
Oh, don't make me cry
I'm gonna leave you alone
That's what I have to do
I've got to leave you alone
Oh, oh, oh, leave you, leave you alone
I'm gonna have to leave you alone
I got to leave you alone
Leave you alone
Ce titre, une chanson à propos de ravages de l’amour, ne figure pas sur l’album Be Altitude : Respect Yourself, mais sur le précédent The Staples Singers (1971), le 7" allemand reprenant la cover de l'album.
La chanson a été écrite par Don Robay pour O.V. Wright en 1965, puis reprise par Z.Z. Hill en 1967 et de très nombreuses fois après les Staples.
Je m’aperçois que j’aurais pu choisir un autre des singles des Staples, souvent composés par Pops.
Patrick Bainée
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