BRUCE JOYNER / OUT OF THE FIRE
On a souvent écrit ou raconté que le Sud des USA, la fameuse bible belt, portait l’incommensurable fardeau de la traite négrière. Inexcusable faute originelle dont l’entier pays souffre encore aujourd’hui. Croix à porter difficilement expiée par un grotesque rigorisme religieux. Atermoiement moral plus qu’encombrant fournissant l’arrière-plan de nombreux romans de certains de ses auteurs les plus célébrés, William Faulkner comme Robert Penn Warren, par exemple. Ou l’Okie Jim Thomson, si l’on s’aventure sur le versant durs-à-cuire. Idem pour la musique populaire, depuis l’incorrigible Hank Williams jusqu’à Elvis ou Jerry Lee Lewis, chez qui les spectaculaires bondieuseries n’étaient pas que monnaie de singe. Souvent, le sud est tourment ! Alors, pris sous cet angle, l’album de Out Of The Fire, enregistré plus de trente ans plus tôt, est un cadeau du ciel. Et à plus d’un titre. D’abord parce qu’il est l’occasion d’écouter une ultime fois le magnétique Bruce Joyner, éminent re...