DISCOTHÈQUE FROM A TO Z & BACK AGAIN – Part 18 – lettre O
O comme Roy Orbison, bien sûr. J’ai déjà écrit
dans la rubrique You know the artist, not the album tout le bien que je
pensais de lui et comment j’étais tombé amoureux de lui, conscient aussi que
certaines des chansons qu’ils chantent seraient insupportables à écouter
interprétées par n’importe qui d’autre. Il y a peu d’artistes comme ça. Vu la
taille de la partie consacrée aux Oblivians, ci-dessous, je me sens obligé
d’étoffer un peu la partie Big O en vous citant mes morceaux préférés de Roy,
par décennies, en évitant les reprises, qu’il magnifie :
50’s : Sam Phillips ne croyait pas plus que ça en RO et ses Teen Kings,
seuls quelques singles sont sortis sur Sun avant un premier album en 1961. La plupart
des sessions, alternate takes ou inédits sont sortis ensuite sur des LP’s ou CD’s
US, UK, France, Allemagne ou Hollande où Roy était considéré comme un dieu. J’aime
toutes les versions de "(A Cat Called) Domino" et de "Problem Child",
toutes deux reprises par les Cramps, "Trying To Get To You" (Teen Kings), "Chicken-Hearted", "Claudette" (versions 50’s et 60’s), "The Cause Of It All" ;
60’s : "Running Scared", "Crying", "Love Hurts", "Dream Baby", "In Dreams", "Yesterday’s
Child", "If You Can’t Say Something Nice", "Too Soon To Know", "Walk On", "Sweet
Memories" (sur l’album inédit de 1969 One Of The Lonely Ones).
Bien sûr aussi "Only The Lonely", un morceau qui commence comme du doo wop
– dum dum dum dummy doo wah, oh yeah yeah yeah - avant de tourner
classique, voire opéra, seul our man Roy can do that ;
70’s : "God Love You", "If Only For A While", "Help Me", "Harlem Woman", "Cheyenne", "Changes", "It Takes All Kind Of People", "Remember The Good" ;
80’s : "Coming Home", "You Got It", "In The Real World", "The Only One", "Careless Heart", "I Drove All Night" et "You May Feel Like Crying" qui est un outtake du dernier album posthume de Roy, Mystery Girl (2009),
que Wim Wenders a choisi pour figurer dans la BO de son film The End Of
Violence (1997). Il faudra attendre la remastérisation de l’album Mystery
Girl en 2007 pour que ce titre figure sur un album de Roy.
Our boy Roy, pour reprendre le titre d’un album hommage, nous a quittés le 6
décembre 1988.
Mon autre
coup de cœur de lettre O, c’est Spooner Oldham, de son vrai nom Dewey
Lindon Oldham, Jr., pas juste à cause de Dan Penn, dont c’est un des meilleurs
amis et co-auteurs. Si seulement un single, "My Goodness" (1968) et deux
albums (dont un uniquement promo) sont sortis sous son nom, Pot Luck
(1972, récemment réédité sur Toys In The Attic) et Spare Change pour les
albums (regroupés sur un CD au japon en 2009), on ne compte plus les albums sur
lesquels il y joué, à partir des 60’s, Aretha Franklin, Orange Humble Band, le
groupe de Jody Stevens (Big Star) pour citer un groupe en O, Bob Dylan, J.J. Cale, Neil Young etc. Son nom
figure parfois sur la cover comme le live avec Dan Penn (1999) et les nombreux
Dan & Spooner songwriters, bien sûr, et le récent album avec Texas (2024).
Il y a aussi quelques singles 60’s (feat. DP) sortis sous le nom Spooner &
The Spoons ou Spooner’s Crowd. Il existe même un album hommage à Spooner par JD
FOX & The Sunset Travelers : The Roadmaster – A Tribute To Spooner Oldham
(2011). Pour finir, le pseudo Spooner provient du fait qu’il se soit énucléé
par accident avec une cuiller étant petit.
J’aime aussi
beaucoup les Oblivians, de Memphis, sauf le dernier album, qu’il vaut mieux ne
pas écouter pour ne pas gâcher le plaisir généré par l’écoute des trois
premiers albums, tous d’un genre différent - le premier s’appelle Soul Food
(1995) mais c’est plutôt le troisième, Oblivians Play 9 Songs With Mr
Quintron (1997) qui l’est, soul, le deuxième, c’est Popular Favorites
(1996). Non moins géniaux, les nombreux 7’’ (dont un avec deux titres des allemands
Trio et 10’’, avec pour l’essentiel des titres hors album et les nombreux live,
y compris ceux après reformation, sans oublier On The Go, early works
sorti en 2003 et le double LP The Best Of The Worst, ne serait-ce que
pour "Don’t Haunt Me", un de mes morceaux préférés des Oblivians, avec "Never
Change", que reprend parfois Jack O lors de ses derniers concerts, et "Vietnam War Blues" (version survitaminée d’un morceau de
Lighnin’ Hopkins). Un peu comme pour les Gories, vus également dans les années
90, 1995 et 1997 pour les Oblivians, les shows de reformation étaient aussi
jouissifs, 2009-2013 pour les Oblivians, qui ont jeté l’éponge ensuite -
dernier disque de trop ? - contrairement aux Gories qui tournent toujours.
Quelques live sont sortis officiellement, comme Rock’n’Roll Holiday un
show de 1994 sorti format bootleg en 1996 et réédité sur SFTRI en 2003 et Barristers
Ninetyfive sorti en 2009, sûrement pour booster la tournée de reformation
et qui contient notamment un bizarrerie, "We’re The Doll Rods", morceau
anthem du premier single de Demolition Doll Rods (1994).
Je me suis fait des compiles maisons Songs The Oblivians / Reigning Sound /
Jack O Taught Us. Quasiment tous les projets menés en amont ou post groupe par
les faux frères Oblivians sont intéressants, à commencer par les Compulsive
Gamblers, le groupe de Greg et Jack juste avant les Oblivians (1992-93, trois
singles à l’époque et un album rétro-compile en 1995), qu’ils ont relancés à la
fin des années 90, résultat : trois albums superbes.
Eric Oblivian / Friedl est celui qui a la discographie la moins fournie,
ayant par ailleurs la boutique / label Goner à gérer. Son groupe le plus
intéressant a été Bad Times, un trio avec Jay Reatard dont Eric a sorti les
premiers disques des Reatards sur Goner, et King Louie. L’album studio est très
bon, mais je préfère le live (At Normal), sorti initialement format CD
tiré à 35 exemplaires en 1998 avant d’être réédité format LP vingt ans plus
tard. Eric a collaboré à nouveau avec Jay dans Sector Zero (un album en 2011,
posthume, Jay ayant disparu début 2010). Il a aussi fait partie des Dutch
Maters (un single en 2004) puis The New Memphis Legs (un album) et True Sons Of
Thunders au début des années 2010 (deux albums et deux singles à l’époque, un
nouvel album et single en 2020). Très sympa Eric, tout comme Greg et Jack,
d’ailleurs.
On passe à Greg Oblivian / Cartwright, qui a eu une révélation en voyant
les Panther Burns de Tav Falco sur scène quand il avait seize ans et dont je me
suis aperçu en réécoutant mes disques des Oblivians récemment que c’est lui qui
assure une majorité des vocals sur les albums, ce qui est moins vrai live, où
Greg et Jack tiennent par ailleurs à tour de rôle guitare et batterie. On
retrouve la voix soft de Greg sur ses premiers disques avec les Tip Tops (1998),
aidé sur certains morceaux par Jack O, et ses projets solo, et avec une voix un
peu plus hurleuse avec les pourtant raffinés Reigning Sound, à partir de 2001
et jusqu’en 2022. Reigning Sound a deux versants, les morceaux musclés / hurlés
et ceux ciselés, comme par exemple "Without You", un morceau que j’adore,
extrait de l’album Home For Orphans (2005). Greg a également produit et /
ou accompagné Goodnight Loving, ’68 Comeback (en compagnie de Jack, le temps
d’un double single en 1997), les Detroit Cobras, Deadly Snakes, Trashed Romeos,
Suttree et surtout Mary Weiss, sur son sublime album solo, Dangerous Games
(2017).
Jack Oblivian / Yarber est celui qui a le plus multiplié de projets
différents, plus ou moins en tant que leader. Il a commencé en tenant la
batterie et le synthé pour Johnny Vomit & The Dry Heaves (1983-84), trois
singles sortis dans les années 2000, puis la basse chez The End, un single en
1987. J’ai déjà parlé des Compulsive Gamblers, des Tip Tops et de ’68 Comeback.
Jack retrouve goût aux synthés avec ses premiers albums solo, American Slang
(1997) et So Low (1988). Après avoir joué (basse, batterie et claviers)
sur l’album Panther Phobia de Tav Falco (2000) – on trouvera
ensuite pas mal de morceaux repris par Tav Falco dans les sets list de Jack O - il enchaîne avec, plus ou moins
dans l’ordre, les Tearjerkers puis Tennessee Tearjerkers – cinq albums dont un
de démos et trois singles espacés dans le temps (2010-10), puis les Knaughty
Knights, dont j’ai déjà parlé aussi précédemment, avec l’ami Rich Crook.
Arrivent ensuite les Limes (Jack participe aux premiers singles et au premier
album), avec une partie des membres d’American Death Ray, dont Harlan T Bobo,
Natural Kicks - un album en 2005, Jack est à la batterie et partage le chant. Période
plus ou moins solo ensuite, avec parfois Jack O &… The Cigarillos par
exemple, avec une longue tournée européenne durant laquelle Jack et Harlan, qui
habite désormais en France, partagent la vedette à tour de rôle, avec le même
groupe. À la même période il fait partie de South Filthy et des Loose Diamonds
de King Louie (un album en 2007), avec lui à la batterie et Harlan T Bobo à la
basse. Plusieurs albums / singles ensuite (2014-19) en tant que Jack O &
The Sheiks. Jack et Halan T Bobo se retrouvent dans The Fuzz en 2013 le temps d’un
album et d’un single. Sur un de ses derniers projets, Teeth Of England, il
assure uniquement la batterie - un album en 2022 sur Ghost Highway Recordings,
Espagne, Marco doit être le plus grand fan de Jack O au monde. C’est d’ailleurs
lui qui a sorti le dernier projet feat. Jack O : The Return Of...Walter
Daniels Meets Jack Oblivian And The Sheiks (2023).
Petite
transition avec le groupe en O que je n’ai pas envie d’écouter (je m’aperçois
au fil des chroniques que je n’apprécie pas n’est pas approprié, n’ayant jamais
vraiment écouté les groupes en question) : Offspring.
Pour changer
un peu, pas de regroupement par thèmes (Lux & Ivy faves, Dan Penn
songwriter, etc), juste les autres artistes en O que j’ai sélectionnés, par
ordre alphabétique.
Oasis n’est
pas un nom très original. Il y a notamment le groupe doo wop qui a sorti deux
singles. Des autres, je n’ai que le single "Supersonic" ; j’ai eu
l’occasion d’entendre les albums chez mon beau-frère. J’ai quelques albums et
singles d’OBN III’s, un groupe garage punk mélodique avec certains morceaux assez proche des Oblivians, voire des Groovies, et presque tout de Phil Ochs
– prononcez Ox - je me rappelle de cette vendeuse à Évreux qui m’annonce que mon
disque de Philoche est arrivé. Les premiers albums, 1964-66, sont folk / acoustiques,
ils deviennent davantage R’n’R ensuite, un peu comme les disques de Bob Dylan, qu'il avait côtoyé à New York en 1961-62. S’il n’y a qu’un disque de lui à avoir,
c’est Greatest Hits, sous-titré (au dos de la cover) 50 Phil Ochs
fans can’t be wrong, un vrai régal, de la cover (costume lamé or genre
Elvis) à l’écoute, surtout. Phil Ochs s'est suicidé en 1976, peu après que Dylan ait refusé de l'intégrer dans sa Rollin' Thunder Revue. Phil et
Bob Dylan ont tous les deux écrit, avec des styles différents, une chanson
en hommage à Medgar Evers, un Black qui avait commencé à enquêter sur les
meurtres impunis de victimes noires, et qui a été tué en 1963 par un membre du
KKK sous les yeux de sa femme et de ses trois enfants. 1963-2026, 53 ans, tiens, le racisme est toujours présent.
Edward
O’Connell évolue dans un (des différents) univers proche d’Elvis Costello sur
son premier album, Our Little Secret (2010).
C’est mon / ma pote Ben / Maeve, de Chicago qui m’avait offert deux disques de
Off Montreal première période (pop psych 60’s), assez agréables à écouter. Ohio
Express sont eux des 60’s, versions bubble gum, avec des morceaux comme "Yummy
Yummy Yummy", sur lequel aucun des membres ne joue, pratique assez
fréquente à l’époque, et Down At Lulu’s repris respectivement par Julie
London (parmi x autres) et les (French) Dogs.
Ohio Untouchables est un groupe R’n’B / doo wop dont le premier single, "I
Found A Love", est sorti en 1962 sous le nom The Falcons And Band The Ohio
Untouchables, les Falcons, comme on l’a vu précédemment étant un groupe assez éphémère
composé entre autres de Sir Mack Rice, Eddie Floyd et Wilson Pickett. Les Ohio
Untouchables ont sorti cinq autres singles entre 1962-64 avant de devenir
groupe de studio à New York puis de réapparaître plus tard sous le nom Ohio
Players.
J’ai déjà parlé des Coachwips, que je préfère aux Oh Sees.
J’ai vu les Olivenstein(s) deux fois à l’époque (1978-80), un de leurs premiers
concerts (le premier ?), sur la côte normande, en ouverture de Dogs et le
dernier, Soirée Non Romantique, à Yvetot (près de Rouen), avec les Dogs,
toujours et un autre groupe genre Heartbreakers du pauvre - je me rappelle du
chanteur qui jette son T-shirt au public, retour direct dans la tronche. Le
concert des Dogs a dû être bon, comme d’habitude et celui des Olivenstein bien
punk, avec insultes au public, jet de viande crue, etc… J’avais bien sûr acheté
leur EP, amassé quelques live - bons souvenirs - puis la compile Born Bad plus
récente. Préférant souvent rester sur un bon souvenir, je ne suis pas allé les
voir après reformation, ni acheté l’album. J’ai aussi revendu mes disques de
Rythmeurs et autres, mais j’ai gardé les singles des Gloires Locales, Nouveaux
Riches et les disques solo d’Éric Tandy.
J’ai correspondu avec James Richard Oliver à l’époque Cooterfinger (2002-03) et
il m’a envoyé pas mal de trucs garage / R’n’R / psychobilly sortis sur son
label Hillbilly Records. Il y a des bons trucs. Garage encore, mais d’Austin
avec 1-4-5’s, dont j’avais acheté deux EP’s, avec sur chacun six titres
expédiés en cinq minutes.
Un peu de sérieux - ou plutôt l’inverse - avec deux Mad Mike monsters : "Huggie’s
Bunnies" de Frankie Olvera, un morceau R’n’B instrumental de 1964,
son seul single et "Turkish Coffee", un morceau jazzy / lounge dont
l’auteur et premier interprète est Tony Osborne et son jazz band. Quelques Lux
& Ivy’s faves pour enchaîner : Gradie O’Neal avec "Turkey
Neck Stretch", le premier (1958) de ses trois singles, un morceau plus ou
moins soul que Lux avait placé sur sa compile (LP de 1984) The Cramps All
Time Favorites Radio Show. "Kitty Cat" est un single rockabilly
(1960), le premier single de Paul Ott. Les deux faces du seul single
(d’époque, 1967, réédité en 2017 avec deux morceaux bonus) des One Way
Streets figuraient sur le volume un de Back From The Grave, "We
All Love Peanut Butter", qui ouvre l’album est aussi un LAIF, l’autre face,
probablement préférée par les amateurs de garage, c’est "Jack The Ripper",
sûrement la version la plus sauvage de ce classique interprété à l’origine
(1961) par Clarence Stacy. Un seul single aussi pour Jay Hodge Ork, "Goatsville",
un morceau R’n’B de 1961. Les Cramps se sont inspirés de la B side du premier
single de Kenny Owen, "I Got The Bug", un morceau rockab de 1958,
pour composer "Badass Bug", pas leur meilleur morceau, à mon avis.
Les Omens sont un groupe garage 60’s avec un seul single garage (1966), non
compilé à ma connaissance, ce qui doit justifier son prix élevé, j’imagine, non
mérité à mon avis (je n’ai que la réédition).
Je pense que tout le monde ici apprécie les Only Ones et les disques
solos de Peter Perrett.
Les Orbits Rockers ont sorti deux singles de R’n’R instro en 1960, ainsi que
les Orbits (1959-60) dont le rockabilly Queen Bee, repris par les
Red Devils, ceux de LA, un des projets de Darin Lin Wood.
Jay Reatard a joué en invité sur l’album et un des singles du garage punk band
d’Atlanta The Original Three. The Saints, de Denver, ont sorti une quinzaine de
singles dont une dizaine en 1960-61 sous le nom d’Orlie & The Saints avec,
toujours, King Kong en face A et Twist And Freeze en B side,
décliné en Boston Twist And Freeze, Cleveland T&F, York T&F, …
Our Favorite Band!, un duo de Baton Rouge avait sorti un excellent EP en 1981, Pink
Cadillac, dans un genre qui peut rappeler les Panther Burns du début.
Rebaptisés OFB, ils ont sorti un album beaucoup plus sage en 1987. À peu près à
la même époque (1983) sortait, chez New Rose, River Of Desire de Orson
Family, un 12’’ d’inspiration Cramps.
Je finis, sans tricher (L'Archiviste : C'est pas ton genre de tricher, non ?) - ordre alphabétique respecté par plusieurs Dan Penn
songwriter, en commençant par The Ovations, un groupe R’n’B vocal de
Memphis avec beaucoup de disques à son actif dont quatre singles (1965-69)
composés exprès pour eux par DP, dont I’m Living Good (DP &
Spooner). Un autre morceau resté inédit (refusé par eux ou par le label ?)
a trouvé sa place sur la B side du single I’m Your Puppet de James &
Bobby Purify. Tommy Overstreet a été un des premiers à reprendre (sur son
deuxième single, 1968), Watching The Trains Go By, un morceau écrit par
DP et Spooner - que je cite souvent car lettre O - pour un des premiers singles
(post LP) de Tony Joe White. Oz & The Ends n’ont sorti qu’un seul single
composé et produit par DP et Spooner (…) en 1968 sur leur propre label,
Pacemaker : Reconstruction Of A Broken Heart / Look Away, avec
possiblement DP assurant des backing vocals sur la B side. Je compte bien lui
poser la question début août prochain.
PB
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