7’’ part 32 : ELLIOTT MURPHY – Anastasia (et la France)


Un peu comme Willy DeVille (part 10), Elliott Murphy a fait partie de mon top 5 dans les années 70, puis je me suis un peu lassé. Elliott a toutefois continué à écrire de très bon morceaux, faute de très bons albums. 

J’avais découvert Elliott avec l’album Night Lights (1975), son troisième, acheté chez Music Action ou Gévaudan, je ne sais plus. Je l’ai écouté des centaines de fois. Je ne me rappelle plus non plus si j’ai acheté Just A Story From America (1976) avant de récupérer les deux premiers albums. En tout cas le single « Anastasia / Drive All Night », extrait de Just A Story… est le premier single que j’avais offert à ma chérie (devenue mon épouse chérie). Ce choix pour dévoiler mon côté sentimental. 

Elliott et son groupe ont failli venir animer ma fête d’anniversaire en 2006, mais c’était compliqué pour eux, ils jouaient au Pays Basque la veille (un peu pour ma famille aussi – je ne dis pas moi car c’était une surprise, le cachet). La Normandie, c’était loin. Mon fils ainé, qui a eu à la fois Elliott et Oliver Durand au téléphone, les a trouvé adorables. Voilà pour l’anecdote. J’en ai évoqué une autre dans le chapitre consacré à Jonathan Richman, en disant que le succès avait été pour Bruce Springsteen et non Elliott – ils sont en tous cas resté potes. 

Elliott Murphy live 

Puisque je parlais de concerts dans la phrase précédente, je vais commencer par là. 

Après avoir fait partie des Rapscallions et de quelques combos rhythm & blues, Elliott et son frère Matthew, qui jouera également sur son premier album, se baladent en Europe à la fin des années 60, jouant ses propres chansons dans le métro et dans la rue. Ont-ils joué à Paris ? 

Les premiers concerts professionnels ont bien sûr lieu aux USA, entre 1973 et 1978. Il semble que les premiers concerts hors USA (à par un au Canada), aient eu lieu en France, en avril 1979, au Palace à Paris, j’y étais, et à Lyon. Il est revenu un peu plus tard en Belgique, ainsi que l’année suivante, pour une tournée européenne plus copieuse, l’essentiel en France, une vingtaine de dates.

 Peu de concerts en 1981, un à Paris toutefois, à l’Eldorado. Retour au Palace en 1982, le 5 novembre. Ce sera mon dernier concert d’Elliott, pas un choix, un concours de circonstances. 

Elliott tournera en Europe en 1983 (pas en France), 1984, 1985 (Printemps de Bourges, notamment), 1987-88-89, 1990 (anniversaire des 10 ans de new Rose), 1991-92-93, 1994 et les années suivantes aussi, mais pas en France, qui devra attendre 1997 et ensuite 2000, alors qu’Elliott s'était installé à Paris depuis 1989. 

Un seul concert aussi en France en 2001, à Brest. Longue tournée française en 2003, trois concerts en France, puis deux en 2005, un seul en 2007, deux en 2008, un en 2009, toujours à Paris only. Deux-trois dates françaises en 2011, deux en 2012, 2013, 2014, quatre en 2015 (dont deux jours de suite au New Morning), quelques dates aussi chaque année entre en 2016 et 2025, Elliott est devenu un habitué du New Morning. Il y était d’ailleurs les 13 et 14 mars 2026 pour un spécial Birthday Show. Info shows et plus sur le site d’Elliott, « Just A Story From America » :
https://elliottmurphy.com/

Anastasia

 

 

Anastasia please come home, your family's on the telephone
They know they left you all alone with your royalty
Oh and Anastasia you did nothing wrong
Your biggest sin was just being born
Aristocracy is like a crown of thorns it takes believers 

Anastasia where can we go
The border guards they don't want to know
We need some time to relax and slow things down
And Anastasia I know what you mean
The revolution took away our dreams
Took away our fantasies gave us sewing machinesAnd the noise 

And the jewels and the lights of those winter nights
And a little girl's eyes oh so wide
I'm not saying they were wrong to fight
But I know they were wrong to despise
Just the joy in a little girl's eyes

Anastasia please come home
Your daddy the czar is on the telephone
His little girl so lost and alone
It makes him cry 

Oh and Anastasia if he only knew
I know he'd throw it away just to be with you
Just a family man that's nothing new
No reason to die 

Un hymne à la grande -duchesse russe Anastasia Nikolaevna, assassinée avec les siens à l’âge de 17 ans, contrairement à la rumeur.

Je ne connais qu’une seule reprise de « Anastasia », celle par Greg Kihn en 1977. 

Discographie, notamment française, d’Elliott Murphy 

Tous les albums d’Elliott Murphy ou presque, sont sortis en France, surtout ceux sur New Rose / Last Call. 

Le premier album, Aquashow est sorti y compris en France en 1973. Il existe même un CD de raw takes Aquashow Deconstructed sorti en France en 2015. En Italie et Allemagne aussi, avec version LP également pour l’Allemagne. Le single « Last Of The Rock Stars » est également sorti en France, quelques mois plus tard, le seul avec une cover, dommage qu’un abruti ait fait des moustaches à Elliott sur la pochette – comme vous l’avez deviné, je l’ai acheté d’occase. Un autre single, US only, a été extrait de l’album. 

Arrive ensuite Lost Generation, en 1975. Pas d’édition française ni même européenne, à l’époque et seul single cette fois pour promouvoir l’album, « Hollywood » sorti uniquement aux USA et au Japan (avec cover, reprenant celle du LP). 

Alors que le suivant, Night Lights est sorti un peu partout en 1976, y compris en France, mais seule l’édition US était gatefold, avec les paroles des chansons au milieu, ma version, j’ai dévoré les paroles. Comme pour l’album précédent, un seul single, « Lookin’ For A Hero », aux USA et Japon (cover…). Du beau monde participe à cet album, les ex Modern Lovers Ernie Brooks et Jerry Harrison, Andy Paley et même Doug Yule (VU) sur un titre. 

Même cas de figure – 7’’ « Drive All Night / Rock Ballad (avec Mick Taylor on guitar) » US et Japon only (avec cover…) pour l’album suivant, Just A Story From America (1977), avec toutefois le single dont cet article fait l’objet, avec couplage et cover exclusive françaises « Anastasia / Drive All Night ». D’autant plus bizarre que l’album n’a pas bénéficié d’une sortie française, enfin pas tout à fait, « Made in Holland », comme beaucoup de disques de l’époque pour la version européenne. 

Tous ces albums se sont mal vendus (contrairement à ceux de Bruce S…). Le mini LP Affairs ne sortira qu’aux USA et aux Pays-Bas en 1980 mais sera réédité avec inédits en Espagne, Affairs Extanded (1989) et en France, Affairs Etc…  (1990) sur Fan Club, filiale réédition de New Rose, puis sur Musidisc avec « I Want You » de Bob Dylan en bonus. 

Murph The Surf  sort en 1982, notamment en France, et sera aussi réédité avec cover différente sur Fan Club en 1989. Le single « Baby I’ve Been Thinkin’ / The Fall Of Saigon » sert à promotionner l’album dans quelques pays, dont la France, avec cover exclusive. 

L’album suivant, Party Girls / Broken Poets ne sortira qu’en Europe (générique et Espagne, dans un premier temps (1984). Le seul single extrait sera un promo français « Party Girls & Broken Poets / Doctor Calabash », sur WEA. 

Après le peu de succès de ses premiers albums aux USA, Elliott signe chez New Rose en 1985 et s’installe à Paris en 1989, avec sa femme et son fils. Il y vit toujours. 

L’album suivant Milwaukee sort donc chez New Rose en 1986, ainsi que dans plusieurs autres pays, porté par le single « Texas / Out For The Killing », sorti lui sur Closer avec aussi une version 1 sided promo et un maxi avec « Out For The Killing (Dance Mix) » en bonus, hem. New Rose a choisi le single « Niagara Falls » avec en B side l’inédit « I Want You » de Bob Dylan, première reprise d’Elliott à apparaître sur un disque. Les espagnols choisiront de sortir « Who Laughs Last (Laughs Alone) », avec également « I Want You » en B side.

 L’album suivant Après le Déluge ne sortira qu’en France, sur Fan Club, dans un premier temps (1987). Tout comme Change Will Come en 1988 (+ Scandinavie » et son single eponymous couplé à « The Eyes Of The Children Of Maria »). 

Sortie uniquement en Espagne du double LP Live Official Bootleg en 1988, et du volume 2 en 1990. New Rose de son côté sort Live – Hot Point en 1989. Un peu comme les Cramps, Elliott est distribué par des labels différents selon les pays, France, Espagne, Allemagne. 12 sort ainsi en 1990 chez New Rose, LP simple et double avec cover différente chez Impossible en Espagne. L’album remanié sortira aux USA en 1993 sous le nom de Unreal City

Le mini CD If Poets Were Kings ne sort qu’en France, New Rose, en 1991. Arrive ensuite le dernier album New Rose Paris/New York, en 1993. L’album Selling The Gold (1995) sortira en France chez Musidisc. La FNAC sort un CD promo deux titres, dont « Selling The Gold ». Puis Elliott fera son retour chez New Roser, enfin, désormais Last Call, avec Beauregard et le mini CD Something Borrowed Something Blue Something New en 1998, puis EM & Olivier Durand (A Live Album) et  La Terre Commune en 2000. En 2000-2001, l’Espagne, les Pays-Bas et l’Allemagne sortent des mini CD avec inédits. En Espagne aussi le double CD live Last Of The Rock Stars… And Me And You

Elliott a aussi vendu pas mal de CD’s de démos ou live à partir des années 2000 sur sa page web. Quelques-uns étaient, pour un temps limité, en téléchargement gratuit. 

L’album Soul Surfing sort en 2002 chez Wagram Music, tandis que Last Call édite un mini CD Soul Surfing The Next Wave, nom similaire mais disques complétement différents, le mini album Last Call débutant par le magnifique « Ground Zero », hommage d’Elliott à la tragédie du 11 septembre 2001. Le double CD (triple LP en Allemagne, avec aussi le single « Green River ») Strings Of The Storm sort chez Last Call en 2003. 

Le label espagnol Dusty Roses Records sort, entre 2003 et 2005, sept volumes d’une série appelée  Vintage Series Demos, Live And Otherwise. Sur Last Call en 2005, Murphy Gets Muddy, des reprises de Muddy Waters, comme son nom l’indique. Depuis pas mal de temps les albums sont crédités à EM featuring Olivier Durand, un ex de chez Little Bob. C’est encore le cas pour Coming Home Again (2007), et Alive In Paris (2008, sorti en 2009), mais pas de Notes From The Underground (2008), ni Elliott Murphy (2010, sur lequel OD joue pourtant). Il y aura ensuite, toujours sur Last Call,  un autre live Just A Story From New York (2011), puis It Takes A Worried Man (2012) et le mini CD Intime (2014). 

Après une longue période sans singles, passés de mode, c’était flagrant dans les magasins de disques, sont sortis pas mal de mini CD, un peu partout, avec souvent des inédits (un duo avec Bruce Springsteen), dont deux en France : Wonder-Full Bonus Tracks (2023) et The Tree Of Live, tous deux sortis sur Murphyland – depuis 2017, Elliott Murphy gère en effet ses propres affaires, avec une quinzaine d’album déjà sortis, dont plusieurs sont des rééditions de vieux albums. Le dernier, tout récent, s’appelle Infinity

La plupart des albums d’Elliott Murphy seront d’ailleurs réédités un peu partout souvent avec des covers différentes et / ou des bonus. 

J’ai passé les bootlegs, tous assez superbes. Je récapitule avec ceux que j’ai gardé, car très bons : Mister Blue, live en 1978, Paris, Palace 1982, un double, Montreux 1984, double aussi, The Twilight’s Last Gleaming, Vienne 2007, Live In Germany 2013, encore un double. Pour les CD-r, il y a notamment Villeurbanne 1984, Libourne 1990 et Montpellier 1991. 

Drive All Night

 


Oh won't you be my night connection
I'll give you true highway affection
Please don't ask where we're goin'
I'm tryin' to race the light
And we can drive all night
'cause we got what's left and we got what's right
I never liked where we came from
And I tried to fight
We need development rearrangement
We need some dynamite
But if you'll be my reflection
We'll let our memories die
And we can drive all night
'Cause we got what's left and we got what's right
We'll hit the coast in a T bird called Teenage
We're heading out for a psychologically clean age
And if they stop us and ask where are you goin'
We'll tell them we're going through.
Oh won't you be my night connection
and drive all night
Oh give me soul map correction
and drive all night
And if the sun starts to catch us
We'll paint the windows black
And we can drive all night
'Cause we got what's left and we got what's right

Now, Wait a minute.
Now you know what it feels like on a hot Sunday night
When you just can't go home cause nothing is quite right
We sneak into your house; but it's the wrong one
Cause they all look the same; this town is no fun

I finally got it right and if your daddy knew he'd kill
Cause I just stole the key to his brand new Coupe de Ville
And we hit that highway about a hundred and one
They'll never spoil my fun
And drive all night x 2 

Superbe morceau, malgré la présence de Phil Collins à la batterie. Non, je plaisante, il est juste mauvais chanteur, mais sûrement très bon batteur, je n’y connais rien. En plus je crois qu’il n’est pas très en forme actuellement. 

Une road song à bord d’une Ford Thunderbird, superbe. Elliott emmène son aimée loin de chez elle. Son père ne les rattrapera pas, il a volé les clés de sa Cadillac Coupe de Ville. 

Je ne connais pas de reprise de ce morceau, qui n’est bien sûr pas celui de Bruce Springsteen. 

Il existe d'ailleurs assez peu de reprises de morceaux d’Elliott Murphy. De son côté Elliott a repris quelques morceaux, surtout sur scène, plus (« I Want You » de Bob Dylan) ou moins (« Little Red Rooster » de Willie Dixon – pas que je n’aime pas ce morceau, mais il ne va pas du tout à EM, je trouve) inspirés. 

Patrick Bainée






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