7’’ – part 33 – THE EMPERORS – Karate - (et la France)

 

J’avais commencé cette série 2-sider 7’’ avec un morceau original sur la face A (« Human Fly », Bangkok »,…) et une reprise sur la face B (« Domino » / « Can’t Seem To Make You Mine », …). Je renoue la tradition avec The Emperors : « Karate / My Baby Likes To Boogaloo » la face B étant un morceau écrit par Dave Gardner, que les Emperors ont été les premiers à reprendre. Un single très dansant, donc.

Je triche un peu car « Karate » était la face A de leur premier single (1966), en tant que Emperor’s, et « My Baby Likes To Boogaloo » celle de leur deuxième single (1967).

Le label espagnol Penniman Records a eu la bonne idée de rééditer les deux premiers singles en un.

Un des singles des Emperors s’appelle « Karate Boogaloo » (1967), et un album compile (le seul) contient des versions « 2 » des deux morceaux, mais c’est une autre histoire. En fait, cet album aurait dû sortir en 1967 sur le label Mala, qui a finalement lâché le groupe faute de succès post "Karate".

Karate

Le morceau a été écrit par deux des membres du groupe, Tyrone Moss et Milton Brown Jr, respectivement batteur et claviériste du groupe.

Je ne sais pas s'il s'agit d'un hommage à Bruce Lee.

It's a dance called Karate

It's putting all the other dances down
(Putting em down x 3)

(Dig this sound)
To what is the hottest dance around
(Can I do it)

Shoot your right hand out
And bring it back again
Kick your left leg out
And let your knee bend

Shake your leg, baby,
Let your left leg take the lead
Bend your knee forward
And resume your natural speed

(Dig this dance)
Flip on your dancing pants
(Can I do it)

Now let me tell you, baby
How this new dance came about
(Came about, came about)
(Came about)

We had one crazy party
To put all the fighting juveniles out
(Putting em out x 3)

(Digging round)
To what is the thing that pulled em down
(Can I do it)

Karate, ooh, karate, ooh (x 2)

(Dig this sound)
To what is the hottest thing around
(Can I do it)

Shoot your right hand out
And bring it back again
Kick your left leg out
And let your knee bend

Shake your leg, baby,
Let your left leg take the lead
Bend your knee forward
And resume your natural speed

(Dig this dance)
Flip on your dancing pants
(Can I do it)

Karate, karate, Karate, karate...

Voilà, maintenant vous savez comment danser sur cette chanson.

Cocorico, le single « Karate / I’ve Got To Have Her » est aussi sorti en France, à l’époque (1966), sur le label Columbia, avec une pochette.

En Angleterre aussi, sur Stateside, et en Australie, c’est tout.

Je n’ai trouvé qu’une seule reprise, par les Incredible Casuals, sur leur self released cassette Casserole Of Death (1984).

En revanche, il existe de nombreuses variations de « Karate », notamment sous le nom « Everybody’s Everything », un morceau composé par Carlos Santana, beaucoup repris ensuite, sans jamais la moindre allusion, évidente, au « Karate » des Emperors.

Il y a aussi au moins un groupe et d’autres morceaux qui s’appellent « Karate », dont par exemple un single de Mr. Clean & The Cleansers (early Frank Zappa).

Bio / disco

Les Emperors était, dès la fin des années 50 – avec une interruption de 1959 à 1963 pour cause d’appel sous les drapeaux - un groupe Black vocal (a capella) de Harrisburg, en Pennsylvanie, initialement composé de cinq membres : James Jackson à la basse, je parle de la voix, Donald Brantley aux lead vocals, Bobby Fulton en tant que ténor, Billy Green et David Peterson, en tant que bariton. Puis rejoint par Edgar Lee Moore en tant que lead singer - c’est lui qu’on entend sur « Karate ». Il y a bien sûr aussi des instruments : la batterie est tenue par Tyrone Moss, l’orgue par Milton Brown, la basse par Ronnie Bowers et, plus tard, la guitare par James Jackson. Voilà pour les membres principaux. Les cuivres présents sur « Karate » ont été assurés par l’équipe de la George Washington High School.

Le groupe se produisait dans les facs et autres petits clubs quand le producteur Phil Gaber les a repérés et fait enregistrer « Karate », qu’il a aussi co-produit, au studio Impact, à Philadelphie. Le morceau, enregistré avec basse, batterie et orgue, sans guitare est rapidement devenu un hit local, puis national, atteignant le trentième place dans les charts R’n’B et le # 55 au Billboard Hot 100.

Le groupe se produisait dans les facs et autres petits clubs quand le producteur Phil Gaber les a repérés et fait enregistrer « Karate », qu’il a aussi co-produit, au studio Impact, à Philadelphie. Le morceau, enregistré avec basse, batterie et orgue, sans guitare, est rapidement devenu un hit local, puis national, atteignant le trentième place dans les charts R’n’B et le # 55 au Billboard Hot 100.

Pour le second single, « My Baby Likes To Boogaloo », le groupe a fait appel à un guitariste.

Bobby Fulton quitte le groupe en 1967 pour fonder son propre label et le groupe Soul Exotica, puis The Emperors 69, sans grand succès.

Il y a eu d’autres groupes nommés Emperors, dont un groupe de Long Beach, actif en 1964-65, qui a ensuite changé son nom en Emperor.

L’album compile évoqué plus haut, appelé Karate, d’abord format LP puis CD (US et Japon) avec deux titres supplémentaires en 2009, contient les quatre premiers singles des Emperors, les trois premiers sur Mala, le quatrième sur Brunswick, et des inédits, dont certains attribués au groupe renommé Soul Exotics. Uniquement des morceaux enregistrés par les Emperors en 1966 et 19967, donc pas le dernier single, celui sorti sous le nom « Emperors Soul 69 » (« Bring Out Yourself / Sad Girl », 1969, donc). Ni deux morceaux inédits de 1968, « Brighter Tomorrow » et «  Boogaloo Up Broadway », qui ont fait l’objet d’une édition US en 2022.

Les Emperors ont été intronisés au Central Pennsylvania Music Hall Of Fame en 2024.

My Baby Likes To Boogaloo

Encore une histoire de danse, ce morceau composé et chanté par Don Gardner en 1966.

Sa chérie aime danser le boogaloo, mais pas que. 

My baby like to boogaloo
She do the dance step what I do
My baby like to boogaloo
She do the dance step what I do
She move it to the right, she boogaloo
She move it to the left, she boogaloo
All night, my baby boogaloo
My girl like to boogaloo

Oh, one more time, now
All together
You better get with it
Out on the floor now

Hey, my baby like to do the loop
She do the dance step what I do
My baby like to boogaloo
She do the dance step what I do
You ought to see her do the frog
She even do the dog
My baby like to do the slop
She even do the Philly mop

Oh, all together now
You're lookin' so good
Oh, you're lookin' fine
I'm so glad you're mine

Oh, just watch my baby boogaloo
She do the dance step what I do
My baby like to boogaloo
She do the dance step what I do
Ought to see my baby do the jerk
Hey, she even jerk the work
Ought to see my baby do the fly
She even do the FBI

Come on one more time
Oh, I spy
For the FBI
You better get with it

Oh, my baby like to boogaloo
She do the dance step what I do
My baby like to boogaloo
She tells me that the new breed do too
My, my, my, my baby
Hey, my baby

Je trouve que la version des Emperors dépasse l’originale.

On ne compte plus les reprises de ce morceau, qui a aussi dû inspirer le « Boogaloop » des Screamin’ Monkeys.

Il n’y a qu’un autre groupe signalé, sur "second hand songs", comme ayant repris « My Baby Likes To Boogaloo : Robert Cray Band en 2020.

Il y en a beaucoup d’autres, souvent des groupes garage, comme les Woggles, Baby Woodrose (garage glam), Los Honchos, Sons Of Morpheus (stoner psych), Harold Ray Live In Concert, The Crown Royals, Diesel, le groupe australien, Cold Snap, aussie aussi, Rich Hope, un canadien, Hitsville MA, Gary Belloma & The Blue Bombers, Juicebox, ça c’est du R’n’B, The Piaggio Soul Combination, de la soul, comme son nom l’indique, The Bang Girl Group Revue aussi, Luchito, du latin rock, Carl Wyatt & The Delta Voodoo Kings, du blues, Steve Watt Massive Organ Trio, Karl Denson’s Tiny Universe et Lucky Dog. Il y a quelques français aussi : les Royal Premiers de Nantes, The Missing Souls de Lyon et les Zemblas de Nice.

Il doit en manquer.

Ce morceau peut se combiner à toutes les sauces ! (un peu comme "Boss With The Hot Sauce").

Patrick Bainée


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