7’’ – part 37 – ARMAND SCHAUBROECK – Auld Land Syne - (et la France)
J’aime tout d’Armand Schaubroek, qui, après avoir passé près de deux ans en prison (1962-1964) pour vol - il avait 17 ans, gangster dès 14 ans (« on ne volait que dans les magasins qui étaient assurés contre le vol »), ouvre un magasin de guitare doté d’un petit studio d’enregistrement avec ses deux frères. La boutique House Of Guitars existe encore aujourd’hui. Le business tourne bien, ils enregistrent plusieurs singles sortis dans les 60’s sous le nom de Kack Klick puis Churchmice, avant qu’Armand crée son propre groupe, Armand Schaubroeck Steals, et propre label, Mirror, sur lequel sont aussi notamment sortis les disques des Chesterfield Kings, de Rochester (NY), eux aussi.
Cinq albums d’Armand S. entre 1974 et 1978, le premier A Lot of People Would Like to See Armand Schaubroeck...Dead étant un triple album, sorti avec le soutien d’Andy Warhol (AS fréquentait la Factory), qui a songé à en faire une pièce de théâtre, voire un film. C’est une sorte d’opéra rock qui retrace son expérience traumatisante en prison, à l’Elmira State Reformatory. Ses autres albums seront aussi imprégnés de ce traumatisme. I Came to Visit, But Decided to Stay, l’album suivant, raconte l'histoire d'un prêtre qui tue une religieuse dont il est éperdument amoureux pour pouvoir rester éternellement à ses côtés. Le single qui en est extrait, « Auld Lang Syne », est indispensable. Les trois albums suivants sont tous sortis en 1978, un faux double live, Shakin’ Shakin’ et Ratfucker, vendu au départ avec un médiator (je l’ai encore). Après un long break, il sort un 10’’ Lord Made The Blues To Kill Me! en 2014, qui parle de la guerre du Vietnam. Il semblerait qu’il existe un album de 1986 appelé I I Shot My Guardian Angel, mais à ma connaissance personne ne l’a jamais vu. Si vous avez des infos… Aux dernières nouvelles, AS travaillerait à la réalisation d’un nouvel album, qui dénonce les méfaits de la drogue.
Pour une fois, j’ai commencé par la bio. AS devrait plaire aux fans du Velvet Underground, d’Iggy Pop et de Kim Fowley.
« Auld Land Syne (Should Auld Acquaintance Be Forgotten) » (« Ce N’Est Qu’un Au Revoir » en VF) est au départ une chanson du poète écossais Robert Burns (1759-1796) écrite en 1788, qui, encore aujourd’hui, est célébré par un diner le 25 janvier, jour de sa naissance, en Écosse mais aussi dans certains restaurants londoniens. J’ai eu le bonheur de déguster pour la première fois du Haggis dans un restaurant haut de gamme londonien dans les années 2000, invité par la Royal Bank Of Scotland, il y avait Paul McCartney dans une autre salle. La version d’AS, qui date de 1976, est magique, tous genres confondus. Un must pour tout fan de musique, qu’elle soit r’n’r ou classique, et de poésie. Beau à pleurer.
La B side, extraite aussi du LP, c’est « Cry Myself To Sleep », un morceau d’AS, comme tout le reste de sa discographie, « Auld Land Syne » étant la seule reprise qu’il ait faite (à part « Bells », adapté d’un poème d’Edgar Allen Poe, sur le même album).
Auld Lang Syne
Les paroles d’origine, en écossais et en français. Celles du morceau d’AS sont légèrement différentes.
Should auld acquaintance be
forgot, Faut-il oublier les amis
and never brought to mind?
ne pas s’en souvenir ?
Should auld acquaintance be forgot,
Faut-il oublier les amis
and auld lang syne?
et les jours du temps
passé ?
For auld lang syne, my jo,
Aux jours du temps passé, ami
for auld lang syne,
Aux jours du temps passé
we’ll tak’ a cup o’ kindness yet,
Buvons ensemble à l’amitié
for auld lang syne.
Et aux jours du temps passé.
And surely ye’ll be your
pint-stowp! Et tu offres le
premier verre
and surely I’ll be mine!
et
j’offre ma tournée
we’ll tak’ a cup o’ kindness yet,
Buvons ensemble à l’amitié
for auld lang syne.
Et aux jours du temps passé.
We twa hae run about the
braes, Nous avons
voyagé tous deux
and pou’d the gowans fine;
chaque jour d’un cœur léger
But we’ve wander’d mony a weary fitt, Tours et
détours un long chemin
sin’ auld lang syne.
depuis le temps passé.
We twa hae paidl’d in the
burn,
Nous avons galéré tous deux
frae morning sun till dine;
du lever au coucher
But seas between us braid hae roar’d mais des
océans nous ont séparés
sin’ auld lang syne.
depuis le temps passé.
And there’s a hand, my trusty
fiere! Voici ma main ami fidèle
and gie’s a hand o’ thine!
donne ta
main à l’amitié
And we’ll tak’ a right gude-willie-waught, Et nous boirons
encore longtemps
for auld lang syne.
aux jours du temps passé.
Les harmonies vocales entre Armand S et les backing vocals, créditées à Richard Robinson (qui a notamment produit les Flamin’ Groovies, Lou Reed, David Johansen et les Cramps – morceaux sortis uniquement sur bootleg), et Jerry et Ethan Porter (qui accompagne AS à la guitare sur tous ses albums), sont magnifiques.
C’est pour moi la plus belle version de ce morceau (même pas référencée sur le site « Second Hand Songs ») repris plus de 1 000 fois, y compris celle des Beach Boys (eh oui) ou U.K. Subs (ahahah).
Cry Myself To Sleep
Il existe plein d’autres chansons nommées « Cry Myself To Sleep ». Celle d’Armand Schaubroeck doit être la moins connue.
À part 11th Dream Day qui a repris
« College Psychology On Love » (Churchmice, soit AS et ses deux frères,
1965) en 1992, il semble que personne ne se soit risqué à reprendre un morceau
d’Armand Schaubroeck. Je vois bien Memphis Mao s’y coller (je sais qu’il est
fan).

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