7’’ – part 45– HOWLIN’ WOLF – Smokestack Lighnin’ - (et la France)
Encore un EP, anglais cette fois, sorti en 1962. Par un chanteur / guitariste / harmoniciste aussi, encore, Howlin’ Wolf (Chester Arthur Burnett). « Smokestack Lightnin’ » est un de mes morceaux de blues électrique favori, avec « Snatch It Back And Hold It » de Junior Wells et « I’m A Little Mixed Up » de Betty James.
Ce morceau a beaucoup été repris, en tant que tel ou pour l’intro, comme « Primitive » des Groupies / Cramps, par exemple. Il est d’abord sorti aux USA format 10’’ et 7’’ sur Chess en 1956. Il figure aussi sur le premier album d’Howlin’ Wolf, Moanin’ In The Moonlight (1959), tandis que la cover du EP anglais reprend celle du troisième et eponymous album sorti en 1962.
Contrairement au single américain sur lequel figurait deux morceaux composés par Hownlin’ Wolf, le EP anglais contient deux reprises dont une de Willie Dixon, alors songwriter chez Chess Records. D'ailleurs un des morceaux est co-signé Howlin' / Willie, qui tenait aussi parfois la contrebasse avant de se lancer lui-même en tant que chanteur. Willie a composé d’autres morceaux pour Hownlin’ Wolf, comme « Back Door Man », « Hidden Charms », « Spoonful » et « Little Red Rooster », mais c’est une autre histoire.
Smokestack Lightnin’
Ah-oh, smokestack lightnin'
Shinin' just like gold
Why don't ya hear me cryin'
A-whoo-hooo, ooo, whooo
Whoa-oh, tell me baby
What's the matter with you?
Why don't ya hear me cryin'?
Whoo-hooo, whoo-hooo, whooo
Whoa-oh, tell me baby
Where did ya stay last night?
A-why don't ya hear me cryin'?
Whoo-hooo, whoo-hooo, whooo
Whoa-oh, stop your train
Let a poor boy ride
Why don't ya hear me cryin'?
Whoo-hooo, whoo-hooo, whooo
Whoa-oh, fare ya well
Never see a you no more
A-why don't ya hear me cryin'?
Oooo, whoo-hooo, whoo-hooo, whooo
Whoa-oh, who been here baby since
I-I been gone, a little, bitty boy?
Girl, be on
A-whoo-hooo, whoo-hooo
J’allume la cheminée en pleurant. Où a-t-elle passé la nuit dernière ? Métaphore du désir et de l’abandon via le chemin de fer.
Parmi les nombreuses reprises, il y a d’abord celles des anglais Manfred Man et les Yardbirds en 1964, suivis par les Animals en 1966, puis Edgar Broughton Band et les Who. Parmi les américains, on peut citer John Hammond et le Grateful Dead (qui ont décidemment bon goût, Cf. article précédent), les Wailers, Electric Prunes, George Thorogood, Green On Red, les Morlocks et même Bob Dylan, Smokey Robinson, John Lee Hooker et Etta James. Quicksilver Messenger Service en délivrait une version longue, live. Il y a aussi un group appelé Smokestack Lightnin’.
Howlin’ Wolf live
Howlin’ Wolf a
tourné en Europe en 1964, dans le cadre de l’American Folk Blues Festival, avec
deux concerts français, Strasbourg puis Paris, en octobre. Il existe un concert
de cette tournée, enregistré à Brême en Allemagne. Un film aussi.
En plus d’Howlin’ Wolf, il y avait Willie Dixon, Sleepy John Estes, Sonny Boy Williamson, Sunnyland Slim, Sugar Pie DeSanto, Lightnin Hopkins, Hammie Nixon et Hubert Sumlin.
Il y revenu en 1969, mais la tournée s’est limitée à l’Angleterre, une dizaine de dates.
Au cours des années 1960-70, il a presque autant joué au Canada qu’aux USA.
Il est revenu en Europe en 1988 pour un seul concert dans un hôtel au Pays-de-Galles, un concert privé, j’imagine.
Howlin’ For
My Baby & Going Down Slow
« Howlin’ For My Baby » a été composé par Howlin’ Wolf et Willie Dixon. La première version du morceau est sortie sous le nom de « Howlin’ For My Darling » en 1960, en B side de « Spoonful ».
Albert King a repris la chanson, ainsi que pas mal de ceux qui ont repris « Smokestack Lightnin’ » : John Hammond, Smokey Robinson, George Thorogood… On peut aussi signaler une adaptation française en 1962, par Les Nauvragés, sous le nom de « Le Loup Hurlant ».
« Going
Down Slow » est une chanson tout d’abord interprétée par St. Louis Jimmy,
en 1941. Le version d’Howlin’ Wolf date de 1962. Les versions les plus connues
sont celles par Aretha Franklin et par Bobby Blue Bland, sans parler
d’Eric Clapton.
Discographie (notamment française) d’Howlin’ Wolf
Les premiers 10’’ Shellac / 7’’ ne sont bien sûr sortis qu’aux USA, sur le label Chess de Chicago, à part un premier EP anglais en 1956, sur London American Recordings, qui inclut déjà « Smokestack Lightning », mais pas en titre principal. Quelques-uns de la vingtaine de singles US ont été réédités récemment en Angleterre.
Le premier album, Moanin’ In The Moonlight, sorti aux USA en 1959, a été disponible à partir de 1965 en UK et Pays-Bas, puis plus tard en Espagne, Italie… mais pas en France. Première version européenne en 2011. Même genre de décalage pour le deuxième album Howlin’ Wolf Sings The Blues (1962). Toujours en 1962, le troisième et eponymous album est sorti en France, en 1965, sous le nom Les Rois Du Rhythm N’Blues (sic). Il faudra attendre 13 ans pour avoir une édition française de l’album suivant, The Real Folk Blues (1966), et vingt ans pour More Real Folk Blues (1967). Le suivant, The Howlin’ Wolf Album (1969) est sorti en France la même année avec cover et nom exclusifs : This Is Howlin’ Wolf’s New Album. De la même façon, The London Howlin’ Wolf Session (1971), avec comme section rythmique Charlie Watts et Bill Wyman, s’appelle The Howlin’ Wolf London Sessions.
La France fait l’impasse sur les albums suivants : Message To The Young (1971), Live And Cookin’ At Alice’s Revisited (1972). Retour avec une édition française et The Back Door Wolf (1973), un de ses meilleurs albums, à mon avis, et London Revisited (1974), un split album Muddy Waters & Howlin’ Wolf, une face chacun.
Aucun des quelques disques suivants ne sortiront en France, si ce n’est quelques compiles – il en existe 200, avec encore parfois des noms différents, comme Chicago Blues – Vol 6 (1991), alors que l’album s’appelle ailleurs Chester Burnett A.KA. Howlin’ Wolf (1972).
Côté singles français, il faudra attendre 1968 pour un premier 7’’ avec cover et morceaux exclusifs : « The Red Rooster Parts 1 & 2 », le 7" est crédité à Howlin’ Wolf, Muddy Waters et Bo Diddley. Le seul autre single français, exclusif là encore, d’Howlin’ Wolf est « Well That’s Alright », sorti sur le label Sun dans les années 2000, extrait des Memphis Sessions.
You’ll Be
Mine
You so sweet,
you so fine,
How I wish, you
was mine
Honey, I'll be
your love,
You'll be mine
x 3
You so nice,
you so true,
I'm so glad, I
love you
Honey, I'll be
your love,
You'll be mine
x 3
Tell me pretty,
pretty baby,
Is you gonna
try?
If you said,
maybe,
Hang on baby
til the day I die
It is true, I
love you
I don't care,
what you do
Honey, I'll be
your love,
You'll be mine
x 3
Tell me pretty,
pretty baby,
Is you gonna
try?
If you said,
maybe,
Hang on baby
til the day I die
That is true, I
love you
I don't care,
what you do
Honey, I'll be
your love,
You'll be mine
x 6
Émotion intense. Elle sera à lui,
enfin, peut-être. Penses-y, chérie.
Ce morceau, écrit par Willie Dixon pour Howlin’ Wolf, est sorti initialement en 1962, avec « Going Down Slow » en B side.
Il a également pas mal été repris, mais plutôt moins que les trois autres morceaux du EP. Il y a toujours John Hammond, décidemment. Chez nous, il y a Little Bob Story (1976), puis dans un même genre pub rock, Doctor Feelgood l’année suivante. Les Groupies, ceux qui se sont inspiré du riff de « Smokestack Lightnin’ » pour leur « Primitive », vous vous rappelez ? Little Feat aussi, mais surtout les Gories. J’aime bien aussi la version par Ted Roddy et Big Foot Chester. Big Foot étant un des surnoms d’Howlin’ Wolf, il chaussait du 53.
Howlin’ Wolf expliquait ainsi l’origine de son pseudo : « Ce nom est inspiré par mon grand-père, qui me racontait souvent des histoires de loups dans cette partie du pays. Il me prévenait que les loups m'attraperaient si je n'étais pas sage ».
Howlin’ Wolf bio
Je termine par une brève bio.
C’est un jeune talent scout chez Sun, Ike Turner, 19 ans à l’époque, qui a été le premier à découvrir Howlin’ Wolf, en 1951. Les Sun Sessions de 1951-52 finiront par sortir à partir de 1996 dans différents pays et sous divers noms.
Voilà, vous savez désormais
presque tout sur Howlin’ Wolf, qui a disparu en 1976, à l’âge de 65 ans.
Patrick Bainée

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