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ZINE O'RAMA - THRILLS & FRISSONS PAR PATRICK GIOUX

 


Patrick Gioux a créé les fanzines Thrills et Frissons dans les années 80. Il nous en parle ici. 

Quels fanzines lisais-tu avant de créer les tiens, comment as-tu découvert le monde du fanzinat ?

J’ai vraiment commencé à aborder le monde du fanzinat Rock à la lecture du New Musical Express (et de temps en temps du Melody Maker), acheté toutes les semaines sans exception entre 1975 et 1983. J’ai donc découvert en direct le pub rock, l’explosion punk UK (Pistols of course, mais aussi et surtout Buzzcocks etc...), celle des USA (Television, Heartbreakers etc...), puis la naissance de mes groupes fétiches, Cramps, Gun Club, Fleshtones pour le trio de tête....

En dehors des commandes que je passais (toutes les semaines, des pages de pub insensées pour des mail-orders me faisaient baver d’envie, et il fallait faire la queue à la Poste pour envoyer des mandats de paiement internationaux avec la commande papier... Je parle bien du siècle dernier !), une rubrique du NME, intitulée « Cheap Thrills », me donnait des tonnes d’adresses de groupes en direct, de labels, de fanzines et de fan-clubs divers... C’est à ce moment-là que j’ai commencé à entrer en contact épistolaire avec ce monde d’ « initiés » ...

Pour ce qui est des fan-clubs, j’ai adhéré (via Lindsay Hutton) au FC des Cramps « The Legion of the Cramped », à celui des Fleshtones « The Vindicators », et un peu plus tard à celui des « Fuzztones ».

Côté France, j’avais adhéré au FC du Gun Club « Persecuted Prophets » (Eric Décauché).

Le champion toutes catégories du fanzine Rock était pour moi Lindsay Hutton, gardien des incunables du genre devant l’Eternel, via ses « The Next Big Thing » et « Rocking Bones » souvent imités, jamais égalés ....

Ce que j’adorais aussi, c’étaient les catalogues « papier » des record mail-orders, en tête celui de Bomp ! et celui de Midnight Records, un journal à lui tout seul ...

Il me donnèrent de l’inspiration bien avant que je crée mon premier fanzine, je vais en parler par la suite ...

Quand tu as créé le fanzine Thrills, pensais-tu à la longévité ou était-ce juste une envie d’écrire et de partager de l’instant ? 

Le premier numéro de Thrills (« Fanzine gratuit à vocation essentiellement chaotique ») a été édité en juin 1984,sur la base d’un projet de partage de mes goûts personnels du moment (Etonnamment Cramps, Fleshtones, Gun Club, comme c’est bizarre ?....).

Il faut savoir qu’avant « Thrills », je m’étais fait la main (grâce à la photocopieuse du bureau) avec un catalogue de K7 live et démos « DIY », qu’avec le temps j’avais commencé à illustrer façon moine copiste, dont la maquette devint assez proche des fanzines que je lisais ... Pour la rigolade on peut consulter les petites annonces de Best vers 82/83, où je faisais en toute impunité la publicité de mon petit commerce occulte ...

Combien étiez-vous dans l’équipe ? 

Tout seul pour le n° 1.

A partir du numéro 2, quelques autres signatures commencent à apparaître (Patrick Soubielle, alias Patryck Albert depuis), Thierry Gioux, mon frangin auteur de BD’s en devenir (« Le Vent des Dieux » et « Hauteville House » pour les plus connus) et hardcore fan de H.P. Lovecraft (pas le groupe, l’écrivain), des Pistols et de PIL, qui deviendra le dessinateur principal de « Thrills » puis de « Frissons » ....

Plus tard arriveront Gildas Cospérec (lorsque je le vis la dernière fois à Binic il y a quatre ans, il me présenta fort élégamment comme «mon premier rédac’ chef », j’ en rougis encore !!!...), Nicolas Bastien , mon correspondant à Paris, grand pourvoyeur de bootlegs des Cramps (malheureusement perdu de vue...), un dessinateur génial Jean-Christophe Charron (des nouvelles, quelqu’un ?), Alain Conil, et Jim Craddock (correspondant expat’ occulte français aux USA), etc....

Qu’est-ce qui vous a motivé, et comment vous êtes-vous organisés ? 

La sauce a pris, et j’écoulais sans problème tous les exemplaires, (gratuits mais contre quelques timbres pour les frais d’expédition), ce qui donnait envie de continuer, d’autant que le contact avait été établi avec de multiples groupes et fanzines amis (« La Herencia De Los Munster », « Tant Qu’Il Y Aura Du Rock », « On Est Pas Des Sauvages », « Losers » etc.....)

Mon frangin me donnait, en dehors de ses dessins et articles, de précieux coups de main pour la distrib’ sur Rouen et Paris.

Peu à peu, forts du succès des premiers numéros, on décide pour ce qui sera le dernier numéro de « Thrills » (le n°6) et grâce à l’aide inestimable de Bips Bizzaro (manager des Sentinels de Creil, fan n° 1 des Buzzcocks , et fanzineux lui aussi [« Vacant Heart »] ), et de Pietro, l’organiste des Sentinels, propriétaire d’une énorme bécane offset, de doubler la taille de l’objet : 50 pages, et en A4 !

Je dois à ce stade parler de mon pote Michel Recher (RIP), alias Chick Béru, mon pote de toujours, avec qui nous avons joué les petits Wolfman Jack de province sur les ondes alors balbutiantes de « radios locales » Dieppoises (« Radio Rivage » , « Dieppe Radio») avec nos émissions « Squatters » et autre « Salut Les Craignos »... Toutes les semaines pendant un peu plus de deux ans, nous foutions un bordel sans nom dans le studio, avec une émission 100% live (donc vraiment en direct) où se télescopaient super rock, recettes de cuisine ( !), blagues de mauvais goût, hurlements de loups affamés, jingles et bruitages divers (dont des disques de la station cassés en direct !). Michel était aussi un geek avant l’heure, responsable de quelques enregistrements live « soundboard » ou carrément en salle avec micro-perche et gros magnéto en bandoulière, enregistrements dont nous faisions bénéficier nos quelques auditeurs ... Mais surtout ses compétences informatiques très pointues nous aideront à passer de l’enluminure garage (« Thrills ») à la micro-édition (« Frissons »).... Nous avions, bien avant l’apparition d’internet, bricolé nos minitels pour que j’envoie les textes, rédigés au kilomètre sur mon « Apple IIC » , pour qu’on puisse les mettre en page chez lui , avec son révolutionnaire (pour l’époque) « Mc Intosh » ! Et ceci par pure coquetterie, puisqu‘il habitait à deux rues de chez moi !...

Combien de temps passais-tu pour la création d’un numéro de Thrills et plus tard de Frissons ? 

Un temps inquantifiable, des heures et des jours à consulter tout ce qui sortait (fanzines, magazines, disques, bouquins, BD etc...), des nuits à écouter des disques qui au fil du temps s’accumulaient grâce aux généreux « services de presse » des labels. Sachant que j’avais un boulot très prenant (transport maritime), qui me demandait une présence au bureau des plus « élastiques », je fis donc un usage assez déraisonnable de la photocopieuse de la boîte et aussi de son téléphone (pour l’étranger, US compris...).

On garde çà au montage, Coco, il y a prescription !

Pour Frissons, outre le temps passé à la rédaction, la collecte d’articles auprès des correspondants, à la mise en pages avec Michel derrière son Mc Intosh, il fallait préparer les rhodoïds (imprimés au jet d’encre, à l’envers pour plus de lisibilité, coller les négatifs N&B dans les cases etc..., tout çà sur une planche lumineuse bricolée pour la circonstance...), négocier/superviser l’impression etc...

Que représentait pour toi le rock à cette époque et pourquoi tenais-tu tant à écrire sur le sujet ? 

Après la déferlante punk, il fallait absolument qu’on évite le retour des bavards et des malfaisants de tout poil ...

Les costards brillants de Rod the ex-mod, les vestes à larges épaulettes de Clapton, le bandeau fluo de Mark Choufleur, la moustache de Mercury, le préchi-précha du catho Bono, les sermons intéressés de Geldoff/Sœur Theresa, les fringues ridicules du Jagger de l’époque (moule-bite jaune et genouillères, le ridicule T-shirt « Destroy » post Pistols), le retour de la coupe « mullet », les nouveaux romantiques, et même une immonde basse « fretless » sur les disques de Lou Reed, c’en était trop !

Ce n’était pas une bonne raison de rentrer en résistance ?

On va parler de mission, là ?

Il y a quelque chose de çà je pense ....

Poison Ivy sortant de Mélodies Massacre

Tu possèdes une belle collection de vinyles des Cramps. Une passion qui est née comment ?

Déjà, bien avant de les écouter... L’image !!!

Faut dire qu’avec Bryan Gregory, question image, il y avait de l’étrangeté et de la classe dans ce regard dément, dans ce profil buriné d’acné et taillé à la serpe ...

Cette Flying V « polka dot » en bandoulière...

Et le cran d’arrêt d’Ivy ....

Bien avant de les écouter disais-je, il y eut cet article de Philippe Garnier dans Rock&Folk, « Punkabilly ». Tout était dit dès le départ.

Achat direct des deux premiers singles chez Mélodies Massacre, QG des Dogs et des Olivensteins, officine mythique Rouennaise tenue par Lionel Herrmani, assisté d’ Eric Tandy.

Achat aussi du premier bootleg, Transylvanian Tapes au même endroit ...

Transylvanian Tapes bootleg LP des Cramps

Et puis le reste de la discographie au gré des commandes et des visites chez divers disquaires...

Premier concert à Rouen aussi, et un Bryan Grégory arachnéen qui crache sa clope à 15 mètres, devant une Poison Ivy impassible roulant des hanches au rythme de la mastication de son chewing-gum, pendant que Lux en fait des caisses, mi loup-garou, mi Pervers Pépère, finissant le set en chaussettes et quéquette à l’air, sur le beat tribal et métronomique du King of cool Nick Knox... Je les reverrai 4 ou 5 fois encore, avec Kid Congo, avec Ike Knox (émeute à l’Eldorado), avec Fur Dixon, avec Slim Chance, mais malheureusement pas avec Candy Del Mar ....

Dans le deuxième numéro, tu évoques des nouveautés garage de l’époque (Fleshtones / Lyres / Zantees / Plimsouls / Slickee Boys / Chesterfield Kings / Fuzztones  / Wombats / Unclaimed / Gun Club / Rank & File / Jason & The Scorchers). Comment les as-tu découverts en habitant à Dieppe ? 

Toujours dans la presse UK, et dans Rock & Folk pour certains, et puis dans les fanzines US... J’ai entretenu assez longtemps une correspondance avec Rudi Protrudi ..

J’étais un client régulier, comme je l’ai dit précédemment, du mail-order de Bomp !

Je n’ai pas eu de contact avec Greg Shaw, uniquement avec Suzy Shaw au téléphone, c’est elle qui s’occupait de la boutique ...

J’ai pas mal correspondu avec le regretté Jean-Denis Martignon, de Midnight Records, y compris au téléphone (en douce ... du bureau ...)

Le dessin avait une place importante dans le fanzine, peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Avec une passion pour la BD et le mauvais goût, et mon frangin dessinateur, pas besoin de développer plus !

Dans le numéro 5 apparait Ouin Ouin dessiné par ton frère, penses-tu qu’il a influencé Antoine De Caunes ? 

Et pourquoi pas ? ...

C’était une private joke, en fait le surnom d’un de ses potes de lycée, au physique très ingrat...

L’intéressé l’a-t-il su un jour ?

C’est aussi à cette époque que Gildas Cosperec collabore au fanzine avec la retranscription de son interview des Fuzztones faite pour l’Echo Des Garages dans le numéro 6. As-tu des souvenirs de lui et de son émission de l’époque ? Peut-être en as-tu conservé des enregistrements ? 

Je me souviens bien de Gildas, bien avant qu’il monte son mythique « Dig It ! »

Nous nous sommes finalement rencontrés à Montpellier durant l’été 1988, lors d’un concert des Fabulous Thunderbirds et de Barrence Whitfield and The Savages.

Je l’ai bien entendu suivi via ses podcasts et via « Dig It ». On s’est reparlé lorsque je m’ occupais de la promo du label « Closer », de 2013 à 2016.

Et puis Binic en 2019 (j’en ai parlé plus haut).

Et fin de l’histoire...

Une grande perte, et un type adorable ...

Dans le numéro 5, on peut retrouver l’interview de Little Bob faite pour Going Loco par Gildas. As-tu des souvenirs de cette émission ? Est-ce-que Gildas t’envoyait des enregistrements ?  

Non, je n’ai pas eu accès à ces enregistrements.

Alain Conil et Nicolas Bastien ont aussi collaboré à ton fanzine, comment êtes-vous entré en contact et quel a été leur apport ?  

Alain Conil était un supporter de Thrills, et Nicolas Bastien, je le connaissais depuis ma période « K7 ». Nous nous sommes rencontrés deux fois (à Paris et à Dieppe) avant qu’il me propose de collaborer ....

J’étais ravi de partager cette expérience avec des gens aussi pointus

Pourquoi décidez-vous d’arrêter le fanzine et de commencer à publier Frissons ? 

Comme je l’ai dit, sous influence de mon regretté pote Michel Recher, qui m’a persuadé de « passer à la vitesse supérieure », en mettant ses compétences, son humour et sa disponibilité au service de cette noble cause ! ...

D’où création d’une Asso., (« Free Sons »), formule payante etc...

Quels sont tes meilleurs souvenirs de Frissons et de Thrills ? 

Thrills :

  1. Le montage « DIY » et fiévreux du premier numéro.

  2. Le bruit des rotatives pour le n° 6 chez Pietro, à Creil

Frissons :

  1. La première couverture en couleurs !!!

  2. Les soirées de bouclage plus qu’arrosées !!! 

De quels articles es-tu le plus fier ? 

Celui sur les Primevals et celui de JC Carron sur les Revillos.

J’aime bien aussi « Les Wampas à la plage » 

Quelle a été ta plus grande déception en rapport avec les deux fanzines ?  

L’arrêt abrupt de l’aventure « Frissons »

Frissons a duré de 86 à 88, Thrills de 84 à 85. Quelle a été à ton avis leur importance dans le monde du rock de l’époque ? En quoi se différenciaient-ils des autres ?  

Je ne pense pas qu’ils aient eu une importance majeure...

Mais ils faisaient partie d’un mouvement ...

Bien avant l’avènement des réseaux sociaux, c’était un outil merveilleux pour correspondre avec les groupes, les lecteurs (dont certains se proposaient spontanément pour collaborer), pour échanger avec nos pairs nos publications respectives (outre les fanzines cités plus haut, il y avait des tonnes de trucs de passionnés, en vrac « SLA » à Rouen, « New Scene » des sœurs Gomez (Stevie m’ a offert un article pour le n° 1 de Frissons) , « Tuez Les Tous ! » , « Bruits et Graffiti », « Rumble ! » , « Straight From The Grooveyard » , « Fun » , « Funbeat », « Fuzzbrain », « Garbage Mind » , j’en passe et des meilleurs ! )

As-tu à la suite de la fin de Frissons, continué à lire des fanzines ? Es-tu resté en contact avec ceux qui en faisaient ou as-tu tourné la page ? 

J’ai continué à acheter du vinyle, des CD’s et tout ce que je trouvais...

Mais côté fanzines, j’avoue avoir un peu lâché l’affaire après la débandade financière de « Frissons » (arrêt subit, difficultés pour récupérer  les invendus, et même le pognon chez quelques tristes boutiquiers parisiens dont je tairai le nom).

Il se trouve qu’en 1989, mon activité professionnelle a vraiment pris le dessus ....

Départ de Dieppe pour Le Havre, nombreux déplacements professionnels en France et à l’étranger, pendant cinq ans même la moitié de la semaine au Havre et l’autre à Paris ... A peine avais-je le temps de mettre un pied chez les disquaires parisiens, et encore au pas de course ... Une vie de fou, incompatible avec le R’n’R, encore moins avec la continuation et la supervision d’un truc aussi lourd que l’édition d’un fanzine tel que « Frissons » ...

J’ai donc réglé les dettes (imprimeur surtout) sur mes fonds personnels ....

Quelques concerts quand même, faut pas déconner...

Mais pas plus de 15/20 par an au mieux ...

J’ai raté pendant toutes ces années (1989/2010) des tonnes de trucs au Havre alors que ça bouillonnait encore (Les Thugs, Sugar, The Cannibals, Brian James Gang et des dizaines d’autres...)

J’ai réussi à « lever le pied » au niveau professionnel à partir du début des années 2010.

Pendant ce temps , outre les incontournables « Rock & Folk », « Mojo », et « Uncut », j’ai acheté pas mal de numéros d’ «Abus Dangereux », de « Dig It ! » et de « Rock Hardi »

Je n’ai pas cité « Nineteen » (plus magazine que fanzine en fait) ni son satellite « Going Loco » , mais ce furent aussi pour moi des lectures assidues avant pendant et un peu après Frissons ...

Et j’ai retrouvé, avec joie, pas mal de mes contacts lorsque j’ai collaboré un peu plus tard avec le label Closer

Aurais-tu peut être les Thrills et les Frissons en PDF ? Pourrions-nous les proposer à nos lecteurs ? 

Oui, tous les numéros de « Frissons » sont disponibles en pdf ici

Les numéros 1, 2 et 5 de « Thrills » ici 

Il faudrait que je penche sur la question technique pour rendre disponibles en pdf les numéros 3, 4 et 6 de Thrills, Michel ayant disparu avant que nous puissions finaliser cet archivage ...

J’ai néanmoins gardé le nom du site et la location du domaine au cas où...

Last but not least, je ne suis même plus sûr d’avoir les épreuves d’origine, une saloperie de dégât des eaux ayant eu raison de 80% de mes archives rédactionnelles (dont un max de photos/dossiers de presse, affiches, correspondances avec les groupes, dessins originaux de Thierry et Jean Christophe, de Rudi Protrudi, etc...). Un crève-cœur lorsqu’il a fallu jeter tout çà ....

Exit aussi 50 kgs de New Musical Express (9 ans !) ...

Au prix où on les retrouve sur eBay je serais probablement millionnaire aujourd’hui !

Merci Patrick !


Commentaires

  1. On s'est donc vus à Binic. J'ai encore mes exemplaires du zine, notamment Thrills # 6 avec cover rouge.

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    1. Les couvertures plastiques étaient découpées au massicot dans du plastique pour couvrir les livres d'école...
      De mémoire rouge, vert, orange et jaune....🙂

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